Allianz vise un standard de marché pour les placements privés en France

L’assureur a engagé des discussions avec d’autres investisseurs pour normer un marché appelé à croître avec la désintermédiation bancaire
Alexandre Garabedian
Allianz vise un standard de marché pour les placements privés en France.
Allianz vise un standard de marché pour les placements privés en France. Photo: PHB/Agefi  -  Photo: PHB/Agefi

Allianz France compte profiter du mouvement de désintermédiation bancaire, mais à ses conditions. L’assureur plaide pour la création d’un standard de marché pour les placements privés de dette réalisés par les entreprises auprès d’investisseurs, sur le modèle de ce qui existe déjà aux Etats-Unis (l’US PP) ou en Allemagne avec les Schuldschein. Il a déjà contacté à ce sujet d’autres institutionnels.

«Nous avons commencé à avoir des discussions, révèle Peter Etzenbach, directeur des investissements d’Allianz France et membre du comité exécutif. Ce que nous visons spécifiquement pour la France, c’est un standard de marché qui nous assure une certaine liquidité». Ce «French PP» pourrait par exemple permettre la fongibilité des titres détenus par plusieurs assureurs sur une même entreprise. Il améliorerait aussi la transparence des informations fournies aux investisseurs. Reste à savoir s’il sera élaboré uniquement par les acteurs privés, ou si les autorités voudront donner à la Banque de France un rôle prééminent dans sa définition.

La désintermédiation imposée par les normes prudentielles de Bâle 3 appelle la croissance des placements privés de dette. Les PME ou entreprises de taille intermédiaire (ETI), qui pourraient voir se durcir leur accès au crédit bancaire, sont particulièrement concernées. «Nous estimons qu’à terme ce marché pèsera entre 20 et 50 milliards d’euros d’encours, souligne Peter Etzenbach. On peut imaginer qu’un acteur comme Allianz France en détienne 10% ou 15%».

Allianz France a déjà concrétisé cette volonté de diversifier ses investissements, en montant au printemps avec la Société Générale un financement hypothécaire de 275 millions d’euros pour Foncière des Régions. La filiale de l’assureur allemand avait souscrit pour 200 millions.

«Nous ne pensons pas aller jusqu’à un partenariat avec une banque», précise toutefois Peter Etzenbach. C’est la voie qu’a choisie son concurrent Axa, qui a signé des accords formels avec la Société Générale et le Crédit Agricole. L’assureur français a ainsi souscrit la majorité des prêts accordés à Sonepar en août et à Neopost en octobre dans le cadre de ces deux partenariats.

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