A quelles conditions les baisses de charges sont-elles bénéfiques pour l’emploi ?
Les baisses du coût du travail, lorsqu’elles ne se font pas sous la forme d’un crédit d’impôt et lorsqu’elles sont concentrées sur les bas salaires, ont bien un impact positif sur l’emploi, selon une étude du Conseil d’analyse économique (CAE).
Les auteurs de cette note, qui soulignent avoir utilisé des «données très détaillées d’entreprises», ajoutent que ces baisses du coût du travail (allègement de prélèvements obligatoires, de cotisations sociales ...) «peuvent, dans certaines conditions, aider la compétitivité des entreprises exportatrices».
«Baisser les charges sur les bas salaires est donc d’abord une politique pour l’emploi qui peut aussi améliorer notre compétitivité. Nous ne trouvons pas de « rendement décroissant » de ces baisses de charges au cours du temps. Cela étant, comme toutes les cotisations patronales auront été éliminées au niveau du SMIC à la fin de 2019, cette stratégie de réduction du coût du travail a trouvé sa limite».
Concernant les baisses de cotisations sociales sur les salaires plus élevés (au-delà de 1,6 SMIC) , elles «n’ont pas encore fait la preuve de leur efficacité : nous ne trouvons pas d’impact positif sur les exportations, alors qu’elles étaient en grande partie motivées par un objectif de compétitivité», indique la note.
Très logiquement, la note milite «pour pérenniser les baisses de charges sur les bas salaires, ce qui est en partie le cas avec la transformation du CICE en baisses de charges simples». En revanche «nous recommandons une remise en cause des réductions du coût du travail au-delà du seuil de 1,6 SMIC, si les évaluations à venir confirmaient les résultats décevants tant sur l’emploi que sur les exportations».
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