A quelles conditions les baisses de charges sont-elles bénéfiques pour l’emploi ?
Les baisses du coût du travail, lorsqu’elles ne se font pas sous la forme d’un crédit d’impôt et lorsqu’elles sont concentrées sur les bas salaires, ont bien un impact positif sur l’emploi, selon une étude du Conseil d’analyse économique (CAE).
Les auteurs de cette note, qui soulignent avoir utilisé des «données très détaillées d’entreprises», ajoutent que ces baisses du coût du travail (allègement de prélèvements obligatoires, de cotisations sociales ...) «peuvent, dans certaines conditions, aider la compétitivité des entreprises exportatrices».
«Baisser les charges sur les bas salaires est donc d’abord une politique pour l’emploi qui peut aussi améliorer notre compétitivité. Nous ne trouvons pas de « rendement décroissant » de ces baisses de charges au cours du temps. Cela étant, comme toutes les cotisations patronales auront été éliminées au niveau du SMIC à la fin de 2019, cette stratégie de réduction du coût du travail a trouvé sa limite».
Concernant les baisses de cotisations sociales sur les salaires plus élevés (au-delà de 1,6 SMIC) , elles «n’ont pas encore fait la preuve de leur efficacité : nous ne trouvons pas d’impact positif sur les exportations, alors qu’elles étaient en grande partie motivées par un objectif de compétitivité», indique la note.
Très logiquement, la note milite «pour pérenniser les baisses de charges sur les bas salaires, ce qui est en partie le cas avec la transformation du CICE en baisses de charges simples». En revanche «nous recommandons une remise en cause des réductions du coût du travail au-delà du seuil de 1,6 SMIC, si les évaluations à venir confirmaient les résultats décevants tant sur l’emploi que sur les exportations».
Plus d'articles du même thème
-
Le marché du travail américain ne plaide pas pour deux hausses de taux
Malgré un redémarrage des créations d’emplois en mars-avril-mai, le marché du travail ne se tend pas pour autant, indique une note d’Oxford Economics. La progression des salaires nominaux a un effet neutre, voire légèrement désinflationniste. C’est l’une des raisons pour lesquelles la Fed devrait s’abstenir de relever ses taux cette année. -
Oracle suscite des questions sur son pivot vers l’IA
L’éditeur de logiciels professionnels, qui s'est diversifié vers la location de serveurs, a supprimé 21.000 postes en 12 mois. Dans le même temps, il investit lourdement dans la construction de datacenters dédiés à l’IA. -
Bernie Sanders veut taxer les géants de l'IA pour créer un fonds souverain de 7.000 milliards de dollars
Le sénateur indépendant du Vermont a déposé un texte de loi instaurant une taxe ponctuelle de 50 % en actions sur les grandes entreprises d'intelligence artificielle. Il deviendrait potentiellement le plus grand fonds souverain au monde. L'idée promeut un partage de la richesse alors que les éditeurs eux-mêmes anticipent des destructions d'emplois à cause de leur technologie.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : les villes moyennes au cœur du récit national
Brice Soccol : « Ce n’est plus seulement l’opposition entre villes, péri-urbanité et campagnes qui structure la géographie électorale française, mais la capacité des territoires à offrir des perspectives de mobilité sociale, d’emploi et de qualité de vie » -
L'été sera chaudLe pays brûle, les candidats regardent ailleurs
Malgré l'ampleur de l'épreuve vécue par la quasi-totalité du pays, les prétendants à l'Elysée n'ont effectué que des ajustements à la marge de leur campagne. Le débat n'a pas dépassé le stade de savoir s'il fallait climatiser le pays -
Vieux démonsAprès l'accord israélo-libanais, le spectre d'une occupation israélienne sans fin du Liban
Israël et le Liban ont signé un accord historique à Washington, mais son application dépend d'un improbable désarmement du Hezbollah