2013 a offert un répit passager aux assureurs sur le front des catastrophes
L’année 2013 pourrait bien n’avoir offert aux assureurs dans le monde qu’un répit passager sur le front sensible des catastrophes, qu’elles soient naturelles (ouragans, inondations, …) ou techniques (accidents industriels ou de transport, …). Tel est l’avertissement lancé par le géant de la réassurance Swiss Re à l’occasion de la publication hier de son étude annuelle Sigma consacrée au coût de ces événements extrêmes.
L’an dernier, sur fond de saison cyclonique historiquement clémente aux Etats-Unis, laissant la place à la grêle en Europe ou aux inondations dans de nombreuses régions, les dommages assurés dans le monde se sont élevés à 45 milliards de dollars (dont 37 milliards pour les seules catastrophes naturelles), un montant en chute de 44%. Cela pour un coût économique total en recul de 29% à 140 milliards contre une moyenne de 190 milliards sur les dix dernières années, selon Swiss Re, qui souligne que ces événements ont coûté la vie en 2013 à plus de 26.000 personnes.
La sinistralité 2013 aura permis aux réassureurs d’afficher de solides résultats. Hier, le marché de l’assurance britannique, le Lloyd’s of London, a publié son bénéfice annuel le plus élevé depuis 2009, en hausse de 14% à 3,2 milliards de livres (3,8 milliards d’euros). Pour un ratio combiné en amélioration de 4,3 points à 86,8%. Celui de la Caisse Centrale de Réassurance (CCR) publié lundi affiche en parallèle un gain en non vie de 9,2 points à 78,3%. Le réassureur public français met en avant une sinistralité en France «significative, sans être extrême» et souligne n’avoir supporté «qu’une faible part» de l’impact des catastrophes dans le monde.
L’étude Sigma de Swiss Re relève que les deux catastrophes les plus coûteuses pour le secteur de l’assurance en 2013 se sont produites en Europe, avec des dommages assurés de 4,1 milliards liés aux inondations du printemps en Allemagne et République Tchèque particulièrement et de 3,8 milliards aux tempêtes de grêle estivales en Allemagne encore et en France.
Mais les prévisions à long terme de Swiss Re sont alarmantes, du fait d’une progression significative des émissions de gaz à effet de serre source d’augmentation des températures, qui ne devrait pas elle-même manquer d’«augmenter la fréquence et la gravité des événements météorologiques extrêmes futurs». Cela alors même que le déficit de protection (différence entre les dommages totaux et assurés) ne cesse de se creuser.
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