Le dossier Telecom Italia pourrait coûter très cher à Vivendi
Avec 24% du capital de Telecom Italia, Vivendi a-t-il pris le contrôle de fait de l’opérateur italien ?
Le groupe français jure que non, le gendarme de la Bourse italien pense que oui. L’AMF, son équivalent français, aimerait aussi y voir clair et vient d’entrer dans la danse.
Côté pile, le régulateur italien constate que Vivendi a pu, grâce à sa participation et en l’absence d’un autre actionnaire de poids, changer les têtes à sa guise dans les instances dirigeantes de Telecom Italia. Après s’être assuré les deux-tiers des postes au conseil, le groupe français a ensuite débarqué le patron de l’opérateur pour nommer à sa place son propre président du directoire, Arnaud de Puyfontaine.
Côté face, Vivendi rétorque que sa participation ne lui donne pas le contrôle en droits de vote en assemblée générale de Telecom Italia qui, seul, caractériserait un contrôle de fait.
Le risque est triple pour Vivendi : ce contrôle aurait des conséquences au regard de sa participation de près de 30% dans Mediaset, le groupe de médias de Silvio Berlusconi.
Le régulateur italien des télécoms vient de le conduire à en geler les deux-tiers, la jugeant incompatible avec sa participation dans l’opérateur télécoms au regard des règles anticoncentration nationales.
Ensuite, si Vivendi contrôle subrepticement Telecom Italia, des sanctions pourraient lui être infligées en Italie, même si le français exclut qu’elles puissent le conduire à une OPA forcée.
Enfin, ce contrôle l’obligerait à consolider les 25 milliards de dette de l’opérateur italien. Cette hypothèse, sur laquelle l’AMF a demandé à Vivendi, une valeur cotée à Paris, de faire la lumière, changerait totalement l’intérêt économique de son offensive en Italie.
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