La vidéo du jour : Un mois après l’arrestation de Carlos Ghosn, la gouvernance de l’alliance en plein désordre
Il y aura un mois tout juste mercredi que Carlos Ghosn a été arrêté, privant du même coup Renault de PDG et Nissan de président. Depuis cette date, le cours de Renault a perdu 15%, celui de Nissan 7,5%, alors que l’indice Eurostoxx 600 du secteur automobile ne perdait lui que 5%. Aucun des deux partenaires de l’Alliance ne profite de la crise actuelle.
Or celle-ci a toutes les chances de se prolonger. Non seulement parce que le dossier judiciaire de Carlos Ghosn n’a connu aucune clarification publique en dépit d’une mise en examen et d’une garde à vue toujours effective ; mais aussi parce que le groupe japonais a lui-même été mis en examen.
Or son management persiste à penser qu’il lui appartient seul d’assumer la direction de l’entreprise, comme si cette mise en cause par la Justice ne le concernait pas. Le fait de refuser à son allié et actionnaire français, par ailleurs soutenu par l’allemand Daimler, la convocation d’une assemblée générale, ce qui paraît quand même le strict minimum, revient à écarter d’un revers de main tout risque de voir cette affaire se transformer en affaire Nissan.
Le fait de fermer la porte à la nomination de nouveaux administrateurs, ou de nommer un exécutif français de premier rang, comme prévu dans l’accord, est tout aussi inquiétant.
Carlos Ghosn étant désormais sous les verrous, et la page étant tournée côté japonais et pouvant l’être aussi rapidement côté français, quel est le sens pour la direction de Nissan de refuser de reprendre avec Renault des relations normales, pour ne même pas parler de confiantes ?
Depuis le début de l’année, Renault a perdu près de 35% en Bourse, et Nissan quelque 18%. A titre de comparaison, le grand concurrent Toyota n’a perdu que 8%.
Un tel écart est éloquent : il signifie que la position de Nissan de refuser toute coopération à Renault depuis un mois sur le terrain de la gouvernance n’est pas lié au seul cas Ghosn ; mais qu’il s’agit bien d’une volonté, de plus en plus coûteuse et de moins en moins convaincante, de remettre en cause jusqu’au mode de fonctionnement de l’Alliance malgré les engagements politiques pris de part et d’autre. Paris et Tokyo le toléreront-ils longtemps ?
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