La vidéo du jour : Scor ne pourra se contenter de fermer la porte à Covéa
Scor peut-il encore longtemps camper dans son splendide isolement ? La question se pose plus que jamais après l’offre «amicale» de Covéa sur le réassureur.
Son rejet immédiat et apparemment définitif est loin de clore le débat, ne serait-ce que parce que ce mouvement inattendu pose publiquement la question de l’absence de contrôle du capital d’un des grands acteurs européens d’un secteur en pleine consolidation dans le monde.
Groupe mutualiste français de premier plan, Covéa a choisi de prendre les devants, lui qui assurait encore récemment de sa volonté de garantir «la pleine indépendance et totale autonomie» du réassureur, dont il possède 8,1% du capital.
Son projet de construire un groupe d’assurances intégré verticalement, qui n’a que rarement été couronné de succès dans le passé, peut ne pas être entièrement convaincant. Sa logique financière, consistant à trouver un meilleur usage d’un excédent de fonds propres évident, l’est sans doute davantage.
Ce qui n’est pas contestable, en tout cas, c’est que le propriétaire des enseignes GMF, Maaf et MMA propose la constitution d’un groupe majeur européen d’assurances diversifié à ancrage français.
Il y a là de quoi faire réfléchir n’importe quel décideur politique national normalement constitué, surtout juste après que l’Etat a engagé la constitution d’un grand groupe de bancassurance autour de la Caisse des dépôts et de La Poste.
L’opportunisme de cette offre ne fait pas plus de doute sur un terrain managérial. A 66 ans, Denis Kessler, le grand architecte du spectaculaire redressement de Scor, s’apprête à fêter son seizième anniversaire à la tête de l’entreprise.
Cela fait un bail inhabituellement long pour une entreprise de cette taille et pose inévitablement la question de sa succession. Le conseil a-t-il arrêté un plan pour y pourvoir ?
Si tel n’est pas le cas, il est peu probable que la fin de non-recevoir adressée à Covéa suffira à assurer un avenir à la gouvernance actuelle. A celle-ci de trouver une autre parade convaincante, avant un nouvel assaut, de ce prédateur-là ou d’un autre.
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