La vidéo du jour : Les investisseurs envoient un signal de confiance fort au Président Macron
Traditionnellement, les signaux de défiance ou de confiance adressés par les investisseurs sont surtout scrutés en Bourse. Or c’est sur les marchés obligataires que ceux-ci s’expriment souvent le plus clairement. S’agissant de l’accueil qu’ils ont réservé hier au Président Macron, il n’aurait pu être plus enthousiaste.
Le Trésor français avait choisi d’émettre sans attendre une nouvelle obligation à 30 ans pour une levée proche de 4 milliards. L’idée était sans doute d’anticiper une éventuelle inflexion du cap de la BCE qui aurait pu nuire aux chances de succès d’une émission à si lointaine échéance. Et c’est par une demande de 31 milliards, un volume colossal, que les investisseurs ont répondu à la sollicitation de Bercy. Du fait de la bousculade, les rendements servis ont pu être réduits, pour se rapprocher de 12 points de base, c’est-à-dire de 12 centièmes de pourcent, de ceux de l’obligation de maturité équivalente émise en 2013.
Les finances publiques bénéficieront de la modération des exigences des prêteurs.
Il est vrai que les rendements français ont peu baissé depuis le premier tour de la présidentielle, quand les marchés ont jugé sans objet leurs craintes de «Frexit». La détente des taux français par rapport aux allemands n’a pas dépassé depuis quelques points de base. La dette publique française qui frôle désormais les 100% du PIB reste donc relativement séduisante sur des maturités longues.
Mais cela ne retire rien au sens de cette ruée : l’appétit des investisseurs pour une émission à si long terme est un vrai coup de chapeau adressé au jeune président, d’autant plus appréciable que celui-ci n’est pas assuré d’une majorité parlementaire à l’issue des législatives prochaines.
La détente dont il bénéficie ne fera que s’accentuer si elle lui est favorable.
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