La vidéo du jour : Les banques européennes au seuil d’arbitrages décisifs de leurs modèles économiques
Entre échéances monétaires difficiles et resserrement des contraintes de solvabilité résultant de la finalisation des accords dits de Bâle 3, les banques européennes se préparent à une rentrée difficile. De lourdes décisions stratégiques sont à attendre pour beaucoup d’entre elles.
La BCE leur donne déjà rendez-vous le 12 septembre, avec de possibles mesures supplémentaires d’assouplissement monétaire, synonymes d’érosion des marges ; quant au relèvement des exigences de fonds propres, il devrait leur en coûter globalement 135 milliards d’euros d’ici 2027, si l’on en croit l’Autorité bancaire européenne.
La course à la rentabilité conditionnera donc pour longtemps la course au capital. Or les investisseurs jugent les banques européennes très en retard sur ce chapitre et le leur font payer par des cours qui limitent, dans la plupart des cas, leur capitalisation aux 3/4 de la valeur de leurs actifs, et souvent beaucoup moins. Ce qui signifie qu’ils n’en attendent pas la rentabilité qu’on leur promet.
Aussi, tout coup de vent en Bourse tourne à la bourrasque pour les banques. En témoigne leur lourde chute au plus fort de la tourmente de l’été, double de celle de la moyenne du marché.
Le temps reste donc à la chasse aux coûts, mais celui des arbitrages décisifs en termes de modèle économique est venu. Deutsche Bank en a donné un spectaculaire exemple, au printemps ; bien d’autres devraient suivre, même si c’est à moins grande échelle.
Quelques signaux montrent qu’il n’y a plus de vaches sacrées, entendez de «métiers cœurs», intouchables, y compris en France. BNP Paribas vient ainsi d’annoncer une restructuration touchant 20% des effectifs français de sa filiale de gestion de titres BP2S, dont l’ambition affichée est pourtant mondiale.
Autre fait à noter : selon la presse, non démentie, la direction de la Société générale réfléchit au devenir de sa filiale de gestion d’actifs Lyxor. Au menu, une cession ou un rapprochement, dans un métier dont toutes les banques européennes reconsidèrent la taille et les perspectives.
Remarquons quand même que les décisions stratégiques ne sont pas toujours défensives. Témoin celle de BNP Paribas d’adosser l’activité de services de trading et de courtage de Deutsche Bank, résolu de s’en désengager, réceptionnant au passage 800 salariés. Ce genre de reclassement de portefeuille d’activités ne fait encore que commencer.
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