La vidéo du jour : le sud de l’Europe profite à plein d’un inattendu retour en grâce obligataire
A quelque chose malheur est bon, sur les marchés aussi : alors que la BCE constate un ralentissement de la croissance en zone euro, les marchés obligataires du sud du continent font des étincelles. Preuve que le risque politique y paraît de nouveau bien maîtrisé, le risque monétaire circonscrit et les rendements qu’on y propose séduisants.
Trois pays les plus exposés à la sanction des investisseurs ont coup sur coup tenté leur chance avec succès : l’Italie d’abord, avec une émission de 10 milliards d’euros placés sans difficulté aucune, face à 35 milliards de demande, il y a deux semaines ; l’Espagne ensuite, où une autre émission benchmark à dix ans a attiré 50 milliards de demande.
La Grèce enfin : Athènes a levé 2,5 milliards d’euros à cinq ans, pour la première fois depuis la fin du plan d’aide, en août. A 3,6%, le taux est décent, résultant d’une demande 4 fois supérieure à l’offre.
Le retour en grâce des émetteurs du Sud résulte d’abord d’un changement de perception du risque politique en zone euro. Bruxelles et Rome ont fini par signer la paix des braves, et les joutes verbales entre l’Italie et ses partenaires alimentent les chroniqueurs politiques mais indiffèrent les financiers.
La façon dont la Grèce a mis un terme à sa querelle avec la Macédoine voisine a également impressionné.
Par ailleurs, les déceptions conjoncturelles alimentent, aux Etats-Unis comme en Europe, des discours monétaires plus mesurés, laissant penser que les craintes de durcissement y sont un peu surfaites. Le «Powell Put» est déjà fameux sur les marchés, tandis que le président de la BCE, Mario Draghi, s’efforce lui aussi de rassurer les investisseurs sur sa volonté de ne pas brusquer un resserrement financier trop sévère en Europe.
Dès lors, les rendements des pays méditerranéens séduisent de nouveau. Il est vrai qu’à 375 points de base jouer le resserrement du spread grec sur le Bund allemand ne paraît pas très risqué.
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