La vidéo du jour : le risque émergent se renforce de jour en jour
Si les marchés ont été calmes durant l’été dans les pays développés, il n’en a pas été de même dans les émergents et l’automne paraît bien s’annoncer plus chaud encore.
Entre la Turquie, cible privilégiée de Donald Trump en août et en pleine déroute depuis, l’Argentine, qui a dû relever ses taux à 60% en fin de semaine, mais aussi le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud ou l’Indonésie, l’instabilité des monnaies émergentes les plus liquides se généralise et multiplie les trous d’air pour les investisseurs.
La hausse du dollar a naturellement été un facteur déclenchant majeur, d’autant que son ascension, qui a pris à contre-pied nombre de stratégistes en début d’année, n’est sans doute pas terminée. A en croire son président, «Jay» Powell, la Réserve fédérale entend bien poursuivre le resserrement monétaire déjà bien engagé.
Ce qui rend ce nouvel accès de fièvre préoccupant, c’est que si les déséquilibres des balances des paiements jouent un rôle central dans la plupart des pays cités, les investisseurs ne paraissent pas tenir grand compte des réactions très différentes de leurs autorités nationales respectives.
Entre l’Argentine, qui est engagée depuis des mois dans une discussion apparemment constructive avec le FMI, et la Turquie, qui campait jusqu’à hier sur son refus catégorique d’anticiper, par une hausse des taux adéquate, une inévitable flambée d’inflation, la différence est considérable. Mais son influence sur les marchés est faible, voire nulle.
Pour l’instant, c’est une volonté de s’alléger sans compromis qui s’affirme, sachant que personne ne veut s’exposer au risque de se renforcer trop tôt par crainte d’offrir à ses dépens une porte de sortie à de nouveaux vendeurs.
A court terme, donc, une pause dans la débandade est peu probable, d’autant que de grosses échéances politiques, au Brésil en particulier, occupent un horizon déjà bien bouché. D’ores et déjà, le dégât est très significatif, avec un indice MSCI des monnaies émergentes en chute de 8% depuis son plus-haut d’avril.
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