La vidéo du jour : La Bourse reste une bonne option pour les licornes en Europe
Les cimetières de l’économie sont peuplés de start-up qui ont renoncé à leur indépendance contre un gros chèque, avant de disparaître quelques années plus tard dans l’anonymat d’un grand groupe. L’aller-retour du fabricant d’objets connectés Withings, vendu à Nokia puis racheté par son fondateur, en offre un exemple frappant. A l’inverse, l’ébouriffant succès de la fintech Adyen lors de son entrée en Bourse fera réfléchir à deux fois les fondateurs de licornes.
L’action de la société néerlandaise, spécialiste du traitement des paiements en ligne pour Uber, Facebook ou encore L’Oréal, a vu son prix doubler hier pour son premier jour de cotation à Amsterdam. Avec une capitalisation boursière de 14 milliards d’euros, Adyen a ainsi établi un record, celui de la plus grosse introduction en Bourse d’une licorne européenne ces cinq dernières années, selon le pointage d’Euronext.
Une telle envolée boursière est rarissime. Elle peut suggérer que la société et ses banques conseils ont mal apprécié la demande des investisseurs pour une entreprise qui a déjà fait ses preuves. Créée il y a douze ans, profitable, Adyen a réalisé plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires brut l’an dernier. Elle prévoit une croissance de 40% de son résultat net en 2018 et vient de supplanter PayPal pour gérer les paiements sur EBay. Adyen, qui ne cherchait pas à lever d’argent frais dans cette opération, n’a pourtant pas bradé ses titres. Ils ont été vendus à 240 euros pièce, 70 fois le bénéfice par action attendu cette année.
Le marché est donc capable de réserver un accueil triomphal à de beaux projets boursiers, même si, en parallèle, plusieurs entreprises de l’économie traditionnelle ont renoncé ces dernières semaines à se coter en Europe. Voilà qui donnera peut-être des regrets à iZettle, un autre spécialiste du paiement : la fintech suédoise s’est vendue le mois dernier à PayPal pour 2 milliards d’euros alors qu’elle visait à l’origine une cotation.
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