La vidéo du jour : Goldman Sachs découvre la vertu des dépôts bancaires
Sans une solide base de dépôts, point de salut pour une banque. Tel est l’un des grands enseignements de la crise financière de 2007-2009, qui a envoyé au tapis nombre d’établissements ayant perdu leur accès aux marchés de la dette. Goldman Sachs a bien retenu la leçon. La firme américaine, plus connue pour ses activités de trading ou de conseil, a lancé mercredi au Royaume-Uni sa banque de détail en ligne. Prénommé Marcus en hommage au fondateur du groupe, Marcus Goldman, ce service offre aux particuliers britanniques un compte épargne rémunéré à 1,5% jusqu’à 250.000 livres de dépôts. Ce taux en fait l’offre la plus alléchante du moment outre-Manche. Il témoigne des ambitions de Goldman Sachs sur un marché britannique de la banque de détail traditionnellement verrouillé par de grands acteurs comme Lloyds, RBS et Barclays.
Marcus, qui propose aussi des prêts à la consommation, a d’abord été lancé aux Etats-Unis en 2016. En deux ans, la plate-forme a attiré près de 23 milliards de dollars de dépôts. Son succès est essentiel à la diversification des ressources de Goldman Sachs. Le groupe s’appuie encore aux deux tiers sur les marchés pour financer son bilan, et pour seulement un quart sur les dépôts de sa clientèle. On est loin des ratios d’un JPMorgan, qui a l’avantage d’être un poids lourd de la banque de détail aux Etats-Unis, et chez qui la part des dépôts dans les sources de financement approche 60%.
L’offensive de Goldman Sachs dans la banque de détail a une autre vertu : apporter des revenus plus stables au groupe, alors que ses activités de trading et banque d’investissement sont par nature soumises aux caprices des marchés.
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