La vidéo du jour : Engie, le bal des irresponsables
La guerre des chefs chez Engie vient de nous gratifier d’une des pires crises de gouvernance qu’ait connues le CAC 40. Par le passé, les affaires Vinci ou plus récemment EssilorLuxottica avaient, elles aussi, donné une piètre image du capitalisme français et de ses dirigeants, prêts à tout pour défendre leur poste et leur ego, sans se soucier des conséquences éventuelles sur l’activité et les salariés.
Dans le cas d’Engie, et sans juger des raisons, bonnes ou mauvaises, d’écarter Isabelle Kocher de la direction générale, l’affaire est encore plus désastreuse. Engie n’est pas une entreprise comme les autres. Engie est une entreprise partiellement détenue par l’Etat. C’est même toujours son premier actionnaire. Quant à l’activité d’Engie, la fourniture d’énergie, elle est stratégique en France et en Belgique.
Et pourtant, jamais durant ces deux mois de conflit entre le conseil d’administration d’Engie et sa directrice générale, l’Etat n’a joué le rôle de chef que son statut de premier actionnaire lui impose. Pire, le silence assourdissant du ministre de l’Economie a donné tout loisir à Isabelle Kocher d’engager sa défense. Avec la pugnacité que même ses opposants lui reconnaissent.
Il aura fallu une pétition de soutien bien maladroite pour qu’enfin l’Etat siffle la fin de la bataille rangée.
Trop tard, les dégâts sont profonds et vont probablement bien au-delà du seul conseil d’administration. De nombreux membres du comité exécutif nommés par Isabelle Kocher se trouvent aujourd’hui de fait fragilisés. Et on ne parle pas des 158.000 salariés d’Engie qui, pendant que leurs dirigeants s’étripaient en public, continuaient de faire tourner les turbines.
Au moment où les entreprises, les dirigeants, les investisseurs et l’Etat n’ont que le mot responsable à la bouche, il serait temps que chacun d’entre eux montre qu’être responsable c’est plus qu’un slogan marketing.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIAT
Réinventer la contactabilité à l’ère des interactions
L'enjeu n'est plus d'augmenter le volume des interactions, mais d'en améliorer la pertinence et l'efficacité. C'est précisément ce que permet Spacivox. -
Léovic Lecluze (Groupe Matmut) : « On est encore rémunérés pour le risque mais plus pour la prime d'illiquidité »
L’investissement dans la dette privée fait toujours sens, selon la conviction du directeur des investissements du groupe Matmut, mais il convient d’être prudent sur le type de risque pris. -
PARTENARIAT« Coface un dispositif de Back Up Servicing robuste au service de la sécurisation des opérations de titrisation »
Interview vidéo avec Rachid Aoulad Hadj, Directeur des ventes sur les solutions de recouvrement pour l’Europe de l’Ouest, Coface. -
PARTENARIAT« Il faut connecter la data, les métiers et l’intelligence artificielle »
Entretien avec Raphaël Savy, Regional Vice-Président Europe du sud d’Alteryx. -
Deepah Colombel (Crédit Agricole Assurances) : « Il n’y a pas de risque systémique en cours sur la dette privée »
La responsable de l’investissement en dette privée chez Crédit Agricole Assurances revient sur la crise qui entoure certains fonds de dette privée aux Etats-Unis. -
PARTENARIAT« Dans le secteur bancaire, les systèmes cloud pourront répondre aux nouvelles exigences de marché »
Entretien avec Camille de Mari, Directeur Issuing Data Solutions de Visa, pour la France, la Belgique et le Luxembourg.
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Le pétrole repart à la hausse après le courroux de Donald Trump
- La Chine et les Etats-Unis mesurent leurs forces
- Le marché primaire de la dette corporate en euros profite des beaux jours
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : potentiel concurrent de Keir Starmer, le ministre de la Santé démissionne
Wes Streeting, qui pourrait devenir un concurrent de Keir Starmer à la direction du Labour pour pouvoir ravir Downing Street, a annoncé sa démission du gouvernement, jeudi 14 mai -
Hantavirus : les 26 Français cas contacts ont été testés négatifs
Dans le détail, les 26 personnes se composent de quatre passagers du MV Hondius et de 22 cas contacts de la passagère néerlandaise du paquebot, décédée des suites d’une infection. Reste une Française de plus de 65 ans, positive au virus, qui est toujours en réanimation -
Présidence de la Fed : la nomination de Kevin Warsh approuvée par le Sénat américain
Il ne reste plus à Kevin Warsh, candidat de Donald Trump, que de prêter serment avant de prendre ses fonctions pour un mandat de quatre ans. Il devrait présider sa première réunion de politique monétaire les 16 et 17 juin