La vidéo du jour : Chez Deutsche Bank, les dirigeants gagnent à tous les coups
Il n’y a pas que chez TechnipFMC que le package des dirigeants est déconnecté de leurs performances. En matière de privatisation des profits et de nationalisation des pertes, Deutsche Bank offre un cas d’école. La banque allemande a accordé aux membres de son directoire plus de 55 millions d’euros de rémunérations au titre de l’exercice 2018, dont 25 millions de rémunérations variables. Pour la première fois depuis 2014, Deutsche Bank versera donc des bonus à ses plus hauts dirigeants. Il s’agit sans doute de les récompenser pour avoir dégagé l’an dernier un maigre bénéfice qui succédait à plusieurs années de pertes.
Deutsche Bank, faut-il le rappeler, a été reléguée depuis longtemps en deuxième division boursière faute d’avoir su renouveler son modèle économique. Sa capitalisation dépasse tout juste 15 milliards d’euros. La situation de la première banque allemande est si tendue que Berlin vient de la pousser à engager des pourparlers de fusion avec Commerzbank, malgré le coût social et les réticences que suscite cette opération.
Le contribuable allemand sera donc en première ligne si le temps se gâte. Mais pour le top management de Deutsche Bank, les pratiques de rémunération du groupe restent celles du champion de Wall Street qu’il a longtemps prétendu être. Chacun des membres du directoire gagne par exemple plus que Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas, première banque de la zone euro, et qui vaut 53 milliards en Bourse. Garth Ritchie, le patron de la banque d’investissement de Deutsche Bank, décroche la palme : il a droit jusqu’en novembre 2020 à un complément de salaire de 250.000 euros par mois pour gérer les conséquences du Brexit. Il est le mieux payé des dirigeants du groupe, et pourtant à la tête de la division la moins rentable, puisque la banque d’investissement dégage un retour sur fonds propres famélique de 1%.
Pendant ce temps, les investisseurs ont vu la valeur de leurs actions perdre 37% en un an. Ceux qui n’ont pas encore voté avec leurs pieds auraient tout intérêt à sanctionner enfin cette politique de rémunération lors de la prochaine assemblée générale du groupe.
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