Les fintech françaises ont levé 625 millions d’euros en 2019
Spendesk, Wynd, Lunchr. Ces noms ne vous disent peut-être rien. Ces fintech figurent pourtant aux côtés d’Alan, de Payfit et de Younited Credit, qui ont réalisé les levées de fonds les plus importantes de 2019 dans le secteur. Selon une étude de l’Observatoire de la fintech, ces jeunes sociétés technologies et financières françaises ont ainsi levé 625 millions d’euros de fonds avec 87 opérations, un chiffre en progression de 56% par rapport à l’année 2018. «En 2019, les fintech françaises ont visé l’international ou se sont développées sur le marché local», explique Mikaël Ptachek, président de l’Observatoire de la fintech.
De plus en plus d’investisseurs internationaux comme Accel Partners, Index Ventures ou DST Global viennent par ailleurs «compléter les financements des fonds français. Ils croient dans le potentiel de ces fintech à créer de la valeur», précise-t-il. Sur les dix opérations les plus importantes - qui ont totalisé 430 millions d’euros - quatre opérations (Wyndà 72 millions d’euros, Payfit à 70 millions d’euros, Younited Credit à 65 millions d’euros et Shift Technology à 53 millions d’euros) sont supérieures à 50 millions d’euros, «cela est largement dû aux investisseurs internationaux qui prennent part au financement des projets les plus développés ou les plus internationalisés», selon l’expert.
Des créations, des fusions-acquisitions et quelques disparitions
L’année 2017 avait été marquée par cinq opérations de M&A significatives, dont le rachat de Nickel par BNP Paribas, de KissKissBankBank par la Banque Postale ou encore de Pumpkin par Crédit Mutuel Arkéa. Une tendance qui reprend en 2019. «Les acteurs traditionnels continuent donc à s’inspirer de l’innovation ou cherchent à compléter leur modèle : c’est le cas, par exemple, de l’acquisition à 80% de Budget Insight par Arkéa. On observe aussi certaines fintech qui commencent à consolider le marché, à l’instar des deux récentes acquisitions d’IbanFirst aux Pays-Bas et en Allemagne» indique Mikaël Ptachek. L’année 2019 aura néanmoins vu certaines fintech disparaître comme l’assurtechValoo ou encore le robo-advisor Marie Quantier. «Soit c’est un problème de business model où le rendez-vous client n’est pas là ou n’arrive pas assez rapidement. Soit c’est un problème de vitesse de croissance. Il peut aussi y avoir des problématiques liées aux ressources humaines et aux technologies que l’on peut moins facilement tracer», indique le président de l’observatoire des fintech.
Cette année a vu émerger de nombreuses fintech spécialisées dans les paiements et les financements. «En 2020, on parlera aussi beaucoup d’assurtech. L’assurance a démarré un peu plus tard par rapport aux autres acteurs, mais elle est en train de le rattraper. C’est un métier où la digitalisation et l’automatisation ne sont pas encore suffisamment présentes dans les offres et où la gestion de la donnée est primordiale», souligne Mikaël Ptachek. A titre d’exemple, seule Alan, une assurance santé 100% en ligne, a obtenu à ce jour un agrément de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).
Mikaël Ptachek espère également que les fintech françaises auront aussi leur Licorne en 2020. Les prochaines années pourraient également être concernées par des sorties «car les fonds ne sont dans l’ensemble pas voués à rester plus de trois ou quatre ans au capital des fintech dans lesquelles ils investissent. Ainsi, ils rechercheront probablement dans cet horizon la liquidité de leur participation». Cela se réalisera sans doute sous la forme de plusieurs IPO «avec la problématique prégnante du choix du marché dans la mesure où aujourd’hui, on observe que les valeurs technologiques ne sont pas suffisamment valorisées par la bourse en France», conclut l’expert.
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