Le marché des introductions en Bourse se complique
Alors que plusieurs dossiers ont été suspendus ces dernières semaines, Believe a réduit la taille de son projet d’augmentation de capital. Les investisseurs se montrent très sélectifs.
Publié le
Olivier Pinaud
Les investisseurs sont devenus plus sélectifs face aux nombreuses sollicitations.
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Malgré un CAC 40 de plus en plus proche de son plus haut historique, sommet déjà retrouvé par plusieurs indices européens, les projets d’introductions en Bourse n’ont pas la vie facile. Believe, qui a appuyé hier mardi sur le bouton de sa mise en Bourse, a réduit de 200 millions d’euros la taille de sa levée de fonds, pour la ramener à 300 millions d’euros.
Lors d’une conférence de presse, Denis Ladegaillerie, le fondateur et PDG de l’éditeur et distributeur de musique, a assuré que l’abaissement de l’objectif ne reflétait pas un manque d’appétit des investisseurs. «On diminue la dilution» des actionnaires existants et «c’est beaucoup plus efficace en création de valeur pour les actionnaires qui entrent aujourd’hui», a-t-il expliqué.
Pour mettre plus de chance de son côté, Believe a convaincu le Fonds stratégique de participations des grands assureurs français de mettre 60 millions d’euros dans sa mise en Bourse, ce qui lui donnerait environ 3% du capital du groupe de musique.
Le marché des introductions en Bourse s’est toutefois tendu ces dernières semaines. Au moins six reports de projets ont été annoncés récemment, dont ceux du groupe d’énergies renouvelables espagnol Opdenergy, de la société suédoise de paiements Trustly ou du petit opérateur alternatif d’énergies français ekWateur. Une source de marché indique à L’Agefi que le placement en cours des actions PHE (la maison mère d’Oscaro) serait laborieux. La société, détenue par Bain, avait dû renoncer en 2018 à une première tentative d’entrée en Bourse. (PHE a confirmé le 2 juin le retrait de son projet d’IPO, NDLR).
Les «investisseurs sont énormément sollicités», reconnait un banquier, ce qui renforce leur sélectivité. Bloomberg recense actuellement 53 projets en cours en Europe. Les inquiétudes sur les poussées inflationnistes ont également nourri une forme de méfiance envers certains secteurs, dont les technologiques, qui était pourtant l’un des principaux pourvoyeurs en projets de cotation.
Performance déclinante
Autre élément qui pousse les investisseurs à plus de sélectivité : la performance des derniers dossiers mis en Bourse s’est dégradée au fil des mois. Sans aller jusqu’au fiasco Deliveroo, dont le cours cote 35% sous son prix de mise en Bourse fin mars dernier, le taux moyen de performance des sociétés promues en Bourse pour leur premier jour de cotation est tombé à 16% en mai, selon Dealogic. Il était de 51% en janvier puis de 24% en février.
La mise en Bourse du véhicule d’investissement coté (Spac) d’Accor s’est bien passée. Mais dans ce type d’opération par nature plus risquée que la mise en Bourse d’une société réalisant déjà du chiffre d’affaires sonnant et trébuchant, le projet de Spac n’est officialisé que lorsque le carnet d’ordres est suffisamment couvert par la demande des investisseurs. Ce que les banquiers appellent le shadow book.
«L’environnement reste positif pour les actions», relativise un banquier. Depuis quelques semaines, les fonds investis en actions européennes collectent massivement. Mais les premiers pas de PHE et de Believe seront surveillés de près et pourraient se révéler cruciaux pour les autres projets annoncés, comme Aramis ou OVHcloud .
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