Risques. L’Institute of International Finance se penche sur l’évolution des marchés émergents, constatant que la pression exercée sur les banques centrales de ces pays pour qu’elles défendent leurs devises a été moins forte en 2020. Cela est dû à une combinaison de facteurs mondiaux et locaux. Les banques centrales développées ont réagi rapidement en fournissant des liquidités, allégeant ainsi la pression. En outre, un nombre croissant de banques centrales émergentes ont adopté des objectifs d’inflation et sont donc moins contraintes de défendre leurs taux de change par des taux plus élevés. Enfin, les blocages induits par la pandémie ont pesé sur les importations et amélioré les comptes courants – même temporairement – et réduit la pression sur les devises. Bref, si, par le passé, le resserrement des rendements implicites des devises s’est répercuté sur le coût des emprunts en monnaie locale, c’est cette fois le retrait des investisseurs étrangers qui aura pesé sur le coût de financement des gouvernements. Le retour des non-résidents vers les émergents semble aujourd’hui bien enclenché puisque les flux entrants ont retrouvé leurs niveaux pré-crise. Mais l’IIF prévient que les risques demeurent. De plus en plus, l’inflation des émergents évolue avec celle des pays développés, mais les anticipations de hausses de prix, chez ces premiers, pourraient remonter plus vite et s’ancrer plus durablement. Un resserrement des conditions de liquidités pourrait aussi être douloureux.