L'économie mondiale est entrée dans une phase de fin de cycle pour 85% des investisseurs, soit 11 points de pourcentage de plus que les plus hauts niveaux atteints en décembre 2007, selon le dernier Fund Manager Survey réalisé par Bank of America Merrill Lynch entre les 5 et 11 octobre auprès d’un échantillon représentant un encours cumulé de 646 milliards de dollars. Près de 40% des répondants (38% très exactement) s’attendent à une décélération de l'économie au cours des douze prochains mois, le plus mauvais pourcentage sur l'économie mondiale depuis novembre 2008. Dans ce contexte, les investisseurs, plutôt pessimistes, maintiennent des poches de cash élevées à 5,1%, largement au-dessus de la moyenne sur dix ans de 4,5%.Toutes les composantes du sondage illustrent le pessimisme ambiant. Les répondants sont 35% à ne pas s’attendre à une amélioration des bénéfices des entreprises de 10% ou plus au cours des douze prochains mois, un retournement significatif par rapport au même pourcentage de 35% des investisseurs qui en février dernier prévoyaient une amélioration des résultats. Ils sont 20% à miser sur une détérioration des résultats dans le monde au cours des douze prochains mois, là aussi un renversement complet des perspectives par rapport à janvier 2018 lorsque 39% des investisseurs s’attendaient à une amélioration des résultats.Les investisseurs estiment par ailleurs que le dollar est surévalué, notamment par rapport aux devises émergentes qui n’ont jamais été aussi sous-évaluées depuis que le sondage existe. La guerre commerciale reste le principal risque extrême pour 35% des investisseurs mais ce pourcentage diminue depuis trois mois alors que les inquiétudes sur le resserrement quantitatif augmentent à 31%. «Les investisseurs sont pessimistes sur la croissance mondiale», commente Michael Hartnett, stratégiste en chef chez BofA Merrill Lynch, «mais pas suffisamment pessimistes pour signaler autre chose qu’un rebond à court terme sur les actifs risqués».