Yomoni parie sur l’élargissement de l’épargne salariale
Dans un marché de l’épargne salariale dominé par les filiales de gestion des banques françaises, Yomoni veut imprimer sa différence. La fintech spécialiste de la gestion sous mandat en ETF (fonds indiciels cotés) entend profiter de la loi Pacte qui devrait élargir l’accès à l’intéressement et à la participation. Le projet de loi voté en première lecture par l’Assemblée prévoit de supprimer le forfait social de 20% payé sur ce type de rémunération par les PME, encore peu équipées. Une aubaine pour les petits acteurs de l’épargne. «Une prime de 1.000 euros versée à un salarié coûte à l’entreprise 3.373 euros avec les charges et impôts, contre [à l’avenir] 1.384 euros dans l’épargne salariale», a souligné hier Sébastien d’Ornano, président de Yomoni, lors de la conférence de presse de lancement de son offre, annoncée en début d’année.
La société de gestion vise en priorité les patrons de PME qui sont déjà ses clients ou font partie de l’écosystème de la French tech. «Nous allons avoir un acte commercial plus fort [que sur l’épargne individuelle], assure le dirigeant de Yomoni, et nous avons noué des partenariats avec Captain Contrat, une legal tech spécialiste de la création de sociétés, et avec les cabinets d’experts comptables Kipeo.»
Yomoni a recruté quatre experts et propose une souscription et un accompagnement 100% en ligne. Les PME ne paieront pas la mise en œuvre et la rédaction des accords, mais seulement 20 ou 30 euros par an par salarié investi, selon leur nombre. Ces derniers ne verseront de leur côté aucun frais hormis une commission de gestion de 1,1 à 1,5% par an. «Nous serons largement deux à trois moins moins chers» que la concurrence, assure Sébastien d’Ornano. La fintech entend appliquer au plan d’épargne entreprise (PEE) et au plan d’épargne retraite retraite collectif (Perco) le modèle low cost qu’elle a déjà déployé dans l’assurance vie et le compte-titres pour défier les banques en ligne.
Yomoni appuie son offre sur deux fonds d’ETF maison et quatre profils d’investissement. Les avoirs confiés seront conservés par le groupe Arkéa, actionnaire minoritaire de Yomoni. Avec les fondateurs de la Financière de l’Echiquier, la banque bretonne a réinvesti 4 millions dans la fintech avant l’été, pour soutenir le lancement de l’épargne salariale.
La start-up vise toujours un milliard d’euros d’encours en 2020. Pour ses trois ans, elle revendique 103 millions d’actifs au 1er octobre, contre 35 millions il y a un an, et 10.075 clients, soit un doublement en 12 mois.
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