Le système de paiement européen pourrait être dévoilé fin mars
Le projet Pepsi, pour Pan European Payment System Initiative, ne doit pas faire «pschitt». C’est une question de souveraineté européenne. Si elle a changé de sobriquet, rebaptisée #EPI (European Payments Initiative), cette initiative, poussée par la Banque centrale européenne (BCE), rassemble une vingtaine d'établissements bancaires de huit pays. Et vise à créer un standard paneuropéen permettant de traiter les paiements par carte, virement, prélèvement ou mobile - sans passer par les schemes américains Visa et Mastercard.
La naissance de cette interbancarité européenne pourrait faire l’objet d’une communication fin mars. Mais d’ici là, c’est le black out. Car les révélations de la presse française à ce sujet ont laissé penser que l’Hexagone voulait tirer la couverture à soi, au point que certains ont menacé d’arrêter les discussions. En fait, l’étude d’opportunité financière, technique et politique se poursuit.
Un point technique est acquis : le dénouement des transactions s’appuierait sur TIPS (Target instant payment settlement), le système instantané lancé fin 2018 par la BCE, qui prend de l’ampleur dans l’espace unique de paiement en euros. Il couvrirait l’ensemble des flux, nationaux et transnationaux, et pas seulement les 5% de flux de paiements transfrontaliers. Le modèle économique implique de maintenir les commissions d’interchanges. Sans accord de la Commission européenne à ce sujet, les professionnels risquent de ne pas investir dans #EPI qui pourrait nécessiter une dizaine de milliards d’euros. Enfin, il resterait à clarifier la gouvernance, notamment l’éventuelle participation d’acteurs non bancaires. Le français Worldline, qui fournit aux banques et commerçants des outils pour les paiements par carte et en ligne, a déclaré pouvoir aider à déployer «très très vite» #EPI, s’il réussit son projet de fusion avec son concurrent Ingenico. Bpifrance pourrait d’ailleurs devenir actionnaire de référence de ce futur numéro 4 mondial du secteur.
#EPI n’est pas au programme du France Payment Forum qui se tient le mardi 3 mars, au nom de l’accord entre les banques impliquées de ne rien dévoiler avant la fin mars. Mais on imagine mal que Michel Ganzin, président du groupement des cartes bancaires CB, fasse l’impasse sur ce «grand pas vers la souveraineté européenne» qui aura un impact majeur sur l’interbancarité à la française.
Plus d'articles du même thème
-
MoneyGram va payer 1,3 million d’euros pour ses failles dans la lutte contre le blanchiment
La commission des sanctions de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution pointe de multiples failles dans les dispositifs de contrôle des opérations de transfert d'argent suite à un contrôle réalisé en 2023. -
Les banques italiennes poursuivent leurs grandes manœuvres
Les rapprochements s’accélèrent dans un secteur assaini, allégé en créances douteuses. -
Aux Etats-Unis, un projet de loi chemine pour brancher les fintechs aux réseaux de la Fed
Kraken est aujourd'hui le seul acteur crypto connecté aux tuyaux de la Réserve fédérale. La loi Pace pourrait changer la donne et rendre plus facile l'intégration de nouveaux acteurs.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- Tim Cook annonce son départ d’Apple
- La faiblesse congénitale de la finance décentralisée
Contenu de nos partenaires
-
Un fauteuil pour deuxFrançois Hollande ou Raphaël Glucksmann, le dilemme qui monte au PS
Ce lundi, le leader de Place publique doit rencontrer Olivier Faure avec une question simple en tête : à qui ira sa préférence pour la présidentielle ? D’un côté, un ancien président contre lequel le PS d’après 2017 s’est reconstruit. De l’autre, un leader fort de son score aux européennes, mais toujours pas socialiste d’appellation contrôlée -
Tout compte faitCAN, Coupe du monde de football : qu'y a-t-il derrière les projets vitrines du Maroc ?
L'Etat marocain voit ces grands événements comme des accélérateurs de développement. Mais il faudra encore prouver qu'ils répondent aux besoins du pays, après les grandes manifestations de la Gen Z 212 en octobre. -
EditorialLe livre et la lecture, un paradoxe français
L'effondrement de la lecture chez les jeunes n’est pas le moindre des paradoxes, dans un pays où le livre est à ce point fétichisé dans le monde politico-médiatique