Une affaire d’information privilégiée ébranle Berkshire Hathaway
Ciel d’orage au-dessus d’Omaha, la ville du Nebraska où siège la société de Warren Buffett, Berkshire Hathaway. L’affaire est en effet embarrassante pour son emblématique président. Warren Buffett a fait part de la démission de David Sokol, patron de sociétés figurant au portefeuille du fonds d’investissement comme NetJets et MidAmerican, et de surcroît pressenti comme l’un des dauphins possibles du président du groupe. Une succession qui fait l’objet de toutes les attentions, tant le milliardaire personnifie un véritable empire financier. Le départ de David Sokol est donc susceptible de gêner une transition en douceur, quand bien même Warren Buffett a tressé la semaine passée des lauriers à un autre prétendant, Ajit Jain, qu’il a qualifié de «frère ou de fils».
La démission repose en effet sur une indélicatesse dont David Sokol s’est rendu coupable et qui met en lumière la faiblesse du contrôle interne de Berkshire. Le 14 mars, la société d’investissement annonce l’acquisition du groupe chimique Lubrizol pour 9 milliards de dollars, provoquant un bond de 28% du cours sur la séance. David Sokol avait soumis cette idée à Warren Buffett, selon ce dernier, le 14 ou le 15 janvier. Toujours selon Warren Buffett, David Sokol lui a indiqué «au passage» dès cette date qu’il détenait des titres Lubrizol, sans que cela n’éveille l’attention de son patron.
Or, David Sokol avait acquis entre les 5 et 7 janvier 96.060 titres, après avoir réalisé un aller-retour sur 2.300 titres en décembre 2010 au lendemain d’une réunion où Citigroup lui aurait présenté la valeur. La plus-value potentielle (voire réalisée) s’élève à près de 3 millions de dollars après le lancement de l’offre sur Lubrizol par Berkshire.
Warren Buffett souligne que David Sokol n’a pas eu le pouvoir de décision pour lancer l’assaut. Mais il reconnait que sans lui cette offensive n’aurait pas eu lieu. David Sokol admet que ces opérations peuvent susciter des suspicions mais il se défend de tout acte illégal. Il indique également que d’autres dirigeants du fonds, comme son vice-président Charlie Munger, ont investi dans le passé dans des sociétés qui ont ensuite fait l’objet d’une offre de Berkshire Hathaway. La SEC ne souhaitait pas commenter l’affaire dans l’immédiat, les experts interrogés par Reuters restant partagés sur le caractère pénalement répréhensible de l’affaire. Mais la réputation de Berkshire est mise à mal.
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