Pacte de stabilité : Bruxelles penche pour une approche en deux temps
Dégager un consensus sur la voie à suivre bien à temps pour 2023 », tel devrait être l’objectif affiché par la Commission européenne (CE), qui relancera officiellement ce mardi après-midi le débat sur le futur du Pacte de stabilité et de croissance (PSC), initié en février 2020, puis mis entre parenthèses pendant la pandémie. L’exécutif européen donnera le coup d’envoi d’une consultation d’une durée de deux mois, jusqu’au 31 décembre, à l’issue de laquelle il sera en mesure d’émettre des propositions en vue d’une éventuelle réforme.
La Commission confirmera ainsi la réactivation des règles budgétaires européennes au 1er janvier 2023, près de trois ans après leur suspension. Il semble pourtant peu probable qu’un consensus sur une refonte du PSC soit trouvé à temps, tant les positions sont éloignées, entre les Etats « frugaux » du Nord d’un côté, et ceux du Sud, la France et le Parlement européen de l’autre. Appliquer un cadre budgétaire réformé à l’exercice budgétaire 2023 nécessiterait en effet que les changements législatifs soient effectifs au plus tard à la fin du printemps 2022, période à laquelle les Etats commencent à préparer leurs budgets. Le délai semble d’autant moins réaliste que Paris, qui détiendra la très stratégique présidence du Conseil de l’UE à compter du 1er janvier 2022, parait assez peu disposé à ce que ces négociations qui s’annoncent houleuses viennent se mêler à la campagne en vue de l’élection présidentielle française.
Sous la forte pression exercée par les Etats frugaux, il est d’un autre côté hors de question pour Bruxelles de reculer sur l’échéance du 1er janvier 2023. Date à laquelle le PIB de la zone euro devrait largement avoir atteint son niveau d’avant la crise, condition fixée par la CE pour que puisse être levée la clause dérogatoire du PSC. Une réintroduction du Pacte tel quel semble en même temps tout aussi peu envisageable au vu des niveaux d’endettement atteints par certains pays. Le strict respect de la règle visant une dette publique sous les 60% du PIB, en particulier, impliquerait une diminution drastique des investissements publics dans les pays les plus endettés au sud, au risque de casser la reprise.
Lignes directrices interprétatives
Bruxelles devrait dès lors opter pour une approche en deux temps, dont la première étape serait de déterminer un degré de flexibilité, politiquement acceptable pour chacun, selon lequel le PSC sera réintroduit début 2023. La CE pourrait ainsi publier des lignes directrices interprétatives des règles existantes début 2022, prévoyant certains aménagements. Ces modalités resteraient en vigueur jusqu’à ce qu’une éventuelle réforme plus fondamentale du logiciel budgétaire européen soit décidée, ce qui reste l’ambition affichée par la Commission.
Le texte qui accompagnera demain mardi le lancement de la consultation devrait en l’espèce avancer plusieurs pistes. En plus du besoin de simplification du PSC, dont la nécessité est unanimement reconnue, Bruxelles pourrait ouvrir la voie à une forme de traitement spécial, dans les futures règles, des investissements publics en faveur de la transition climatique dans le calcul des déficits. L’option qui a déjà fait l’objet d’une discussion entre les ministres des finances européens début septembre, est notamment soutenue par les écologistes en Allemagne.
Les termes du débat européen dépendront de l’issue des négociations en bonne voie à Berlin pour constituer une coalition gouvernementale outre-Rhin, entre les sociaux-démocrates (SPD), les Verts et les libéraux (FDP). La possible nomination de Christian Lindner, leader du FDP et adepte de l’orthodoxie budgétaire, en tant que ministre des Finances, serait à n’en pas douter une mauvaise nouvelle pour les tenants d’une refonte du PSC.
Plus d'articles du même thème
-
Le fonds souverain norvégien appuiera la réélection du président de BP
NBIM se démarque ainsi de plusieurs ONG et de fonds de pension britanniques qui critiquent la politique environnementale du groupe d’hydrocarbures. -
«La dynamique des marchés renforce notre vision positive à moyen terme sur le crédit IG en euros»
Thomas Höfer, responsable crédit investment grade chez DWS -
«L’euro devrait profiter d’une stabilisation des prix de l’énergie»
John Bradley, responsable des devises chez BNP Paribas Asset Management. -
« Plus l’incertitude dure, plus les effets sur l’économie et les entreprises seront importants »
Emmanuel Auboyneau, gérant privé chez Amplegest -
Le cycle des risques géopolitiques retrouve ses plus hauts niveaux historiques
L’indice de risque géopolitique (GPR) développé pour la Fed par les économistes Dario Caldara et Matteo Iacoviello à partir des mentions «guerrières» dans les grands journaux anglo-saxons a atteint en mars son plus haut niveau depuis 2001. -
Donatella Principe quitte Fidelity
Donatella Principe va quitter Fidelity International, rapporte Funds People. « Après plus de onze ans chez Fidelity International, Donatella a décidé de quitter la société pour relever de nouveaux défis professionnels, en dehors de la gestion d’actifs », a commenté Cosmo Schinaia, responsable de l’Europe du Sud et de l’Amérique latine de Fidelity Intenrnational. Donatella Principe a rejoint Fidelity en 2015. Elle a occupé plusieurs fonctions, dernièrement directrice – stratégiste marchés pour l’Europe du Sud. Elle a contribué à la croissance de l’activité en Italie.
ETF à la Une
UniCredit lance ses premiers ETF en partenariat avec BNP Paribas AM
- Comgest fait face à une forte décollecte au premier trimestre 2026
- Qui sont les plus grands gérants d'actifs du monde en 2026 ?
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- Arkéa AM se rapproche de son objectif d’encours à 2030
- Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
Contenu de nos partenaires
-
Retour vers le futurPrésidentielle 2027 : comment François Hollande joue sa carte
Trop impopulaire pour se représenter en 2017, l’ancien président socialiste peut-il réussir là où tous ses prédécesseurs ont échoué : revenir au pouvoir ? Les coulisses d’une improbable réhabilitation -
Témoin gênantL'impossible mission de la Finul au Liban
Un militaire français a été tué dans le sud du pays. Paris et l'ONU pointent du doigt le Hezbollah -
Le chaud et le froidUne délégation américaine au Pakistan pour reprendre les négociations avec l’Iran
Le fil très fin des négociations semble ne pas être rompu. En tout cas, si l’on en croit Donald Trump. Le président américain a annoncé hier qu’il envoyait une délégation au Pakistan aujourd’hui « pour des négociations ». Tout en maintenant son habituelle rhétorique de menaces de destructions écrasantes si un deal n’était pas trouvé.