Message d’espoir aux épargnants éprouvés par les taux faibles
L’auteur Jean-François Boulier, ancien président du directoire d’Aviva Investors France, revisite dans son livre « Chronique d’une très grande crise », les années qui ont précédé et suivi la crise de 2007 au travers de ses nombreuses chroniques publiées, à l'époque. Il les rassemble et les contextualise. Entretien.
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Laurent Chemineau
Chronique d’une très grande crise
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Dix ans après la crise financière, les taux d’intérêt restent faibles, très faibles. Et l’horizon d’un redressement significatif de ces taux est difficilement prévisible. La lenteur des banquiers centraux des grandes régions à tourner la page de la politique monétaire ultra-accommodante (taux nuls ou négatifs, Quantitative easing …), par crainte de semer la panique sur les marchés, rend délicat tout pronostic.
« D’ici 3 à 5 ans en étant optimiste », hasarde sans certitude Jean-François Boulier qui vient de publier « Chronique d’une très grande crise », un livre pédagogique à l’usage des investisseurs et des gérants sur les enjeux économiques et financiers de notre époque. On peut y lire nombre des chroniques de l’auteur parue dans la presse financière sur près de 15 ans, avant et après la chute de Lehman Brothers.
« L’ouvrage résume après coup ce qui s’est effectivement passé et analyse les chroniques en portant un regard critique sur les recommandations faites au cours de ces quinze années », explique l’auteur.
Ancien président du directoire d’Aviva Investors France, président d’honneur de l’Association française de finance et ancien enseignant à l’Université de Jussieu puis à Dauphine, Jean-François Boulier adresse dans son livre un message d’encouragement aux épargnants qui voient fondre le rendement de leurs placements. « Il faut mener une stratégie défensive et active », proclame cet expert de la gestion de portefeuille.
Une stratégie défensive, car « il ne faut pas trop s’exposer aux obligations d’Etat et aux taux pour l’instant », rappelle Jean-François Boulier. Et active car « l’investisseur serait inspiré de s’intéresser aux infrastructures, à l’immobilier, aux obligations corporate, aux taux indexés sur l’inflation, aux titres hybrides, aux maturités court terme afin d’être rapidement liquide », recommande-t-il en précisant : « Il est également possible de jouer sur la désynchronisation des taux et des cycles entre les pays ». Et bien sûr, « malgré l’embellie de ces derniers mois, les actions restent une option à étudier de très près car les perspectives de bénéfice des entreprises restent assez élevées en 2017 et 2018 », ajoute cet expert.
Sans être catastrophiste, Jean-François Boulier laisse transparaître au fil de sa plume bien des doutes sur l’ère post crise qu’il s’agisse des mesures contra-cycliques contre le risque de bulles ou de la laborieuse sortie des politiques monétaires qui ont inondé les marchés de liquidités.
Etonnamment sa préoccupation se porte surtout sur la culture financière du public professionnel ou non (investisseurs, petits épargnants, rehausseurs de crédit, …). L’amélioration de la culture financière, qui a déjà fait un bond qualitatif ces 20 dernières années, peut faire rempart face aux risques de crise, selon lui. « Elle peut permettre d’éviter les mouvements brusques sur les marchés ».
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