« L’euro devrait continuer à s’apprécier modérément à court terme »
L’Agefi : Les interventions sur le marché des changes des banques centrales du G7 visant à affaiblir le yen face au dollar vont-elles se poursuivre ?
Jean-Louis Mourier : La poursuite de ces interventions n’est pas à exclure, mais elle ne devrait pas être nécessaire. La décision du G7 visait, en effet, plus à briser une dynamique jugée injustifiée, qu’à promouvoir une réelle dépréciation de la devise japonaise. En ce sens, l’action concertée des banques centrales du G7 peut être considérée comme un succès. A court terme, une nouvelle poussée de fièvre acheteuse de yen est peu probable. Certes, les assureurs japonais vont devoir indemniser les victimes des catastrophes naturelles, mais rien ne les oblige, pour cela, à rapatrier des fonds de l’étranger. Mieux, plus le yen est fort et moins ils ont intérêt à puiser dans leur portefeuille en devises.
Les différentiels de taux dicteront-ils seuls l’évolution de l’euro/dollar ces prochains mois ?
Seuls non, mais ils seront plus importants dans un contexte où les craintes des investisseurs de voir la crise des finances publiques dégénérer en une crise de l’euro s’estompent. L’euro est sorti «vainqueur» des récents événements qui ont marqué le marché des changes. Il devrait continuer à s’apprécier modérément à court terme, soutenu par la divergence des politiques monétaires de part et d’autre de l’Atlantique. Alors que la Fed a conservé son discours accommodant, plusieurs membres influents du conseil des gouverneurs de la BCE estiment qu’il convient, certes, d’évaluer plus précisément les impacts de ces catastrophes, mais qu’il est trop tôt pour en conclure que le relèvement annoncé des taux directeurs doit être repoussé.
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