L’Euribor est délaissé par certaines des banques qui aident à le déterminer
Eclaboussé par le scandale de manipulation des taux interbancaires, l’Euribor a tendance à être délaissé par les banques. Plusieurs d’entre elles, dont Rabobank depuis début janvier, ont fait le choix de ne plus faire partie des établissements contributeurs à l’indice. Ce dernier peut soulever des questions de risque juridique. Le phénomène de départ pourrait nuire à la crédibilité de cette référence alors que les régulateurs européens tentent justement de la rendre irréprochable.
Rabobank refuse de préciser si elle ne veut plus contribuer à l’Euribor à cause du coût de potentiels litiges de manipulation. Interrogée, la banque (qui a quitté plusieurs références du Libor et l’Eonia) se contente d’expliquer que son départ est une «décision économique». Elle assure que «les nouvelles conditions sur le marché monétaire ont durement affecté le business de Rabobank». L’établissement, impliqué dans l’affaire de manipulation des taux, n’est pas un cas isolé. Récemment, BayernLB ou DekaBank ont quitté l’indice.
«Nous regrettons le départ de Rabobank, il y a toujours 40 banques dans le panel de l’Euribor, ce qui limite les possibilités de manipulation mais c’est un signal supplémentaire donné au régulateur en faveur d’une contribution obligatoire à l’indice», défend Cédric Quéméner, directeur à l’Euribor-EBF, organisation qui gère les indices. Et d’ajouter: «la crédibilité de l’Euribor sera mise en cause à partir du moment où une majorité des banques considérées comme systémiques au niveau national quitteront le panel et si le nombre de banques contributrices se réduit trop. En dessous de 30 banques cela devient un vrai problème».
Le représentant de l’Euribor-EBF se veut cependant rassurant. «C’est un mouvement qui est temporaire, je suis sûr que Rabobank reviendra quand le jeu sera plus clair. La différence avec le Libor c’est que sa refonte est plus avancée que celle de l’Euribor».
Pour redonner sa crédibilité au Libor, le régulateur britannique a proposé début décembre d’élargir son panel à 20 banques et de confier sa supervision à la Financial Conduct Authority. En Europe, la Commission a lancé une consultation sur les indices qui devrait déboucher sur des propositions législatives «avant l’été». Ces mesures devront ensuite être débattues par le Parlement et le Conseil. Les autorités européennes de régulation des banques (EBA) et des marchés (Esma) devraient cependant mettre sur la table d’autres propositions dans les jours à venir.
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