Les volumes d'émissions d’ABS en Europe restent contenus
En Europe, l’activité sur le marché primaire de la titrisation est restée très contenue en ce début d’année. Le dispositif britannique de soutien au financement de l’économie ainsi que le contexte réglementaire incertain ont contribué à limiter les émissions d’ABS.
Selon les derniers chiffres du lobby financier, Association for Financial Markets in Europe (AFME), les émissions d’ABS au premier trimestre ont représenté 32,5 milliards d’euros sur le Vieux Continent, dont 16,7 milliards d’euros ont été placés publiquement. C’est moins qu’au premier trimestre 2012 où 59,3 milliards d’euros d’opérations avaient été émis, dont 18,9 milliards de façon publique. Qui plus est, les émissions nettes sont restées négatives sur les trois premiers mois de 2013.
Selon Barclays, à la fin du mois de mai, 52 opérations avaient été placées en Europe, pour 54,5 milliards d’euros. Cependant, une majorité des transactions a été retenue. Seuls 17,6 milliards d’euros ont été émis publiquement, à commencer par des ABS auto (5,9 milliards) et des RMBS néerlandais (2,9 milliards). Compte tenu de ce début d’année décevant, les analystes de Barclays ont révisé à la baisse leurs prévisions d’émissions publiques pour l’année de 50 milliards à 46 milliards d’euros.
Les spécialistes de la banque britannique espèrent désormais beaucoup moins de transactions adossées à de l’immobilier résidentiel britannique (RMBS). Ils ont divisé par plus de deux leurs attentes de 12,5 à 5 milliards d’euros car le lancement par la Banque d’Angleterre à l’été 2012 du programme de soutien à l’économie (Funding For Lending Scheme) a permis aux banques de se financer à peu de frais et fait chuter drastiquement les émissions de RMBS.
«Etant donné ce manque d’émission de la part du secteur habituellement le plus émetteur, il n’est pas surprenant de voir que les autres classes d’actifs connaissent une hausse d’activité. Non seulement les spreads se resserrent mais les investisseurs sont à la recherche d’alternative», note Barclays. Ceci expliquerait la réouverture du marché des CLO et le succès des placements récents de CMBS.
Les spécialistes de la titrisation continuent de redouter l’impact des législations du secteur financier, en cours de mise en œuvre en Europe. «La régulation va graduellement faire décliner les émissions alors que les investisseurs vont se tourner vers d’autres classes d’actifs», note Barclays.
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