Les investisseurs évaluent les différents scénarios du référendum grec
Une victoire du «non» au référendum que le gouvernement grec a décidé d’organiser le 5 juillet alors qu’il n’a pas trouvé d’accord avec ses créanciers pourrait déboucher sur une sortie de la Grèce de la zone euro. «En cas de vote négatif, nous rentrerons en territoire inconnu et il est probable que la Grèce émette une nouvelle monnaie et que l’on aboutisse à un Grexit», assure la recherche de RBS, alors que le gouvernement grec d’Alexis Tsipras appelle à voter non. Le Premier ministre a néanmoins déclaré lundi soir que le référendum avait pour objectif de prolonger les négociations entre la Grèce et ses créanciers et non de la faire sortir de la zone euro.
Aux yeux des analystes, la BCE, si le «non» l’emporte, pourrait être amenée à augmenter les décotes appliquées aux titres d’Etat grecs, ce qui limiterait la liquidité disponible pour les banques.
Les analystes de RBS estiment qu’«un Grexit représenterait un précédent préjudiciable à long terme pour la zone euro». Cela confirmerait le manque de coordination entre les dirigeants européens, remettrait en question le caractère irréversible de l’euro et pourrait déboucher sur un risque de sortie d’autres pays «avec des partis centrifuges» comme Podemos en Espagne. «Si la Grèce devait finalement revenir à sa monnaie nationale (tout en restant, dans les faits, largement « euroisée »), le risque de voir d’autres pays poussés dans la même voie nous paraît extrêmement minime», estime de son côté Bruno Cavalier, économiste chez Oddo qui juge aussi qu’un «non» au référendum «signerait le divorce avec l’Europe». A ses yeux, la BCE a les moyens de «court-circuiter les tensions des marchés» en cas de Grexit.
«Un vote ‘non’ conduirait à une aggravation dramatique des événements mais il y aurait plusieurs étapes avant que le scénario du pire ne se matérialise», assure Frederik Ducrozet, chez Crédit Agricole CIB. Il estime qu’il pourrait y avoir un défaut ordonné et un effondrement du système financier grec avant l’introduction d’une monnaie parallèle et finalement la sortie de la zone euro.
Aux yeux de l’économiste, un «oui» au référendum pourrait au contraire faciliter la signature d’un accord entre les parties avant le remboursement dont doit s’acquitter la Grèce vis-à-vis de la BCE, le 20 juillet prochain. La recherche de Barclays estime de son côté qu’un vote en faveur du «oui» pourrait conduire à la création d’un gouvernement d’unité nationale.
Dans l’immédiat, la Grèce ne remboursera pas l'échéance de 1,6 milliard d’euros qu’elle doit au FMI ce jour, a annoncé lundi un responsable du gouvernement grec.
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