Les emprunts périphériques rencontrent une demande exubérante
Promis à la faillite et à l’exclusion de la zone euro il y a encore dix-huit mois, les Etats dits périphériques sont désormais les stars des marchés. Au point que leurs émissions de dette suscitent une demande exubérante. L’Espagne a établi hier un record du genre pour un emprunt souverain, en recueillant 40 milliards d’euros de demande pour sa syndication d’un nouvel emprunt de référence à 10 ans.
Seule l’émission inaugurale du FESF, signature supranationale, a fait mieux en janvier 2011. Plus tôt dans le mois, l’Irlande avait attiré 14 milliards d’euros d’intérêts pour une émission à 10 ans, et le Portugal autour de 11 milliards pour l’abondement d’une souche à 5 ans, deux résultats déjà présentés comme de grands succès.
Les banques chargées de la syndication espagnole – Barclays, BBVA, Citigroup, Goldman Sachs, Santander et la Société Générale – ont ainsi pu resserrer de 185 à 178 points de base le spread de l’émission au-dessus des mid-swaps. Soit un rendement d’environ 3,84%. Le pays a levé 10 milliards, alors que les stratégistes taux tablaient plutôt sur un emprunt de 6 à 7 milliards.
A 3,68% hier, les taux espagnols à 10 ans sont passés cette semaine sous leur plancher de 2009 pour atteindre leur plus faible niveau depuis 2006. Le spread avec les Bunds reste cependant bien supérieur à celui de l’époque, à 195 pb. D’où la demande des investisseurs, qui vont chercher du rendement sur des papiers plus longs et dans la périphérie de la zone euro. Le mouvement est encouragé par d’importantes tombées: ce mois-ci, 120 milliards, coupons inclus, sont revenus aux détenteurs de dette souveraine. Et le risque de dégradation de l’Espagne en catégorie «junk» s’est éloigné.
Avec un secteur bancaire moribond et un chômage à 25%, le pays reste pourtant mal en point, même si son PIB cesse de se contracter. Mais pour Zeina Bignier, responsable de l’origination souveraine chez SG CIB, «il ne faut pas sous-estimer les réformes mises en place en Espagne, au Portugal et en Irlande, qui portent leurs fruits».
De manière générale, «les investisseurs américains considèrent que l’Europe s’est dotée d’outils pour faire face à la crise financière, et les autres résidents hors zone euro se sont orientés vers le non-core depuis les annonces de tapering de la Fed», explique la banquière.
Plus d'articles du même thème
-
Irivest IM lance un fonds flexible, un an après la fusion de Chahine Capital et Dynasty AM
Ce produit ajuste chaque mois son exposition aux actions de 0 % à 100 % grâce à un modèle quantitatif. -
L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
Le groupe mutualiste cherche actuellement un repreneur pour Sienna Gestion, mais la vente pourrait être repoussée. -
La Macif projette 1,5 milliard d'euros d'investissements durables d'ici 2029
L'assureur mutualiste se fixe un nouvel objectif d'investissements durables entre 2025 et 2029, après avoir investi en 2025 deux fois plus que sa cible annuelle initiale. -
Le fonds de pension belge OFP Prolocus lance la sélection du gestionnaire et du dépositaire de sa future Sicav
La caisse de retraite complémentaire des pouvoirs locaux flamands recherche, en une seule procédure, le gestionnaire et le dépositaire du support de placement qu'elle va créer. -
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Le gestionnaire d’actifs britannique a déjà réuni 3,5 milliards de dollars d’actifs depuis le lancement de sa plateforme d’ETF actifs en septembre dernier. -
DWS commercialise un fonds dédié aux matériaux essentiels
Le gestionnaire d’actifs allemand va se concentrer sur les producteurs et la chaîne de valeur du secteur minier avec ce véhicule.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
- Le Conseil européen approuve SFDR 2.0 avec quelques amendements
Contenu de nos partenaires
-
JackpotDepuis la levée des sanctions américaines, l'Iran exporte son pétrole à tour de bras
Téhéran vend massivement son or noir à la Chine avant que la fenêtre des 60 jours prévus par l'accord ne se referme -
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause.