Les émetteurs se bousculent sur le marché primaire en euros
Les émissions démarrent l’année en fanfare sur le marché primaire de la dette en euros. Côté dette bancaire, les émetteurs espagnols ont été très actifs, BBVA ayant réussi vendredi à lever un milliard d’euros en émettant de la dette non sécurisée à 5 ans, en concédant un coupon de 2,375%, soit une marge contre taux mid-swap inférieure aux prévisions initiales, de 118 pb.
Il s’agit du coupon le plus faible jamais payé pour ce type d’opération par la banque espagnole, qui avait concédé une marge de 273 pb au cours de sa dernière émission de dette senior à 3 ans réalisée en mars 2013. Le même jour, Santander a également levé un milliard d’euros à un spread de 93 pb. Bankia et Banco Mare Nostrum avaient déjà émis 750 et 500 millions d’euros à des marges contre taux mid-swap de respectivement 250 et 190 pb.
Les groupes non européens sont également venus nourrir le marché primaire euros la semaine dernière. Deux banques australiennes (ANZ et Commonwealth Bank of Australia) ont émis un total de 2,25 milliards d’euros à des spreads de 36 et 18 pb au-dessus du taux mid-swap. Mais la plus grosse opération a été réalisée par le groupe brésilien Petrobras qui a levé près de 3,8 milliards d’euros en quatre tranches pour financer son programme d’investissements. Une opération qui est sortie à des niveaux de spreads compris entre 185 et 260 pb sur des maturités de 4 à 11 ans, avec une tranche supplémentaire à 30 ans.
Les émissions sur le marché primaire en euros ont ainsi atteint un montant total de 22,2 milliards la semaine dernière. Depuis le début de l’année, les émissions dans le compartiment «investment grade» (IG) se montent à 7 milliards d’euros, à 12 milliards sur le compartiment «dette bancaire senior», et à 2 milliards sur le «haut rendement» (HY), contre respectivement 21 milliards, 30 milliards et 6 milliards émis en janvier 2013.
«Nous estimons que le rythme d’émissions pourrait ralentir d’ici la fin du mois, mais des chiffres proches de ceux de janvier 2013 sont possibles», prévoit la Société Générale. D’autant que les tombées obligataires sur l’ensemble de l’année devraient atteindre un record de 187 milliards d’euros cette année sur la partie IG, avec une forte concentration sur le premier trimestre. Elles se monteront à 20 milliards sur le HY, à 240 milliards pour la dette senior bancaire et à 23 milliards pour la dette subordonnée, selon la SG.
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