«Le regain de volatilité provoqué par le discours de la Fed a affecté le marché du crédit»
- L’Agefi: Comment voyez-vous évoluer le marché de la dette high yield?
- Philippe Dehoux : Le marché du «high yield» s’est considérablement développé au cours des dernières années, et les montants émis depuis le début de l’année (en hausse de 40% par rapport à 2012) confirment la tendance qui devrait rester soutenue. Tout d’abord, un niveau de taux bas lui est favorable. En effet, les investisseurs, à la recherche de rendement, se tournent désormais vers cette classe d’actifs, le différentiel avec les obligations d’Etat étant supérieur à 4%, d’autant plus que le taux de défaut est historiquement bas. Ensuite, les besoins de refinancement devraient s’intensifier en raison de l’importance des échéances en 2014 et 2015, et des conditions attractives de coût de financement. Un autre facteur est le phénomène de désintermédiation. Avec la crise financière et la mise en place de Bâle 3, les banques se doivent de réduire leur levier financier, et de renforcer leurs fonds propres obligeant les entreprises à trouver des alternatives de financement en se tournant vers les marchés. Enfin, la taille du marché a fortement progressé avec la hausse de la part des «anges déchus» (dégradation d’émetteurs «investment grade»).
- Quelle est votre stratégie d’investissement?
- Le regain de volatilité provoqué par le discours de la Fed a affecté le marché du crédit. Cependant le récent «sell-off» (mouvement vendeur) nous semble exagéré et prématuré. Dès lors, nous continuons à surpondérer les financières américaines, des émissions subordonnées «lower tier 2» des pays cœur de la zone euro, et des sociétés BBB diversifiées au niveau opérationnel et géographique.
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