Le laisser-aller budgétaire ne doit pas torpiller la réforme des retraites
La réforme des retraites, qui marquera dans un sens ou dans l’autre, le quinquennat Macron, est-elle en passe de servir de variable d’ajustement aux nécessités budgétaires de l’heure ?
Les informations qui filtrent ici et là le laissent penser. Ce serait un allez-simple pour son échec définitif.
Dans les ministères et administrations concernés, il n’est question aujourd’hui que de réforme repoussée, de bras de fer bruyants autour de curseurs d’équilibre cruciaux, de remises en cause radicales destinées à inciter les « Français à travailler plus longtemps ».
Tout ce brouhaha cache mal une urgence budgétaire que le gouvernement a alimentée par son laisser-aller, pour ne pas parler de quasi-panique, qui a suivi la crise des « Gilets Jaunes ».
Convaincus que l’ère des taux bas est là pour longtemps, l’Elysée et Matignon ont donné, par leurs silences complices, le feu vert pour lâcher la bride à la dépense et éteindre l’incendie qui, partant des ronds-points, menaçait d’embraser le pays.
Ceux qui, comme les magistrats de la Cour des Comptes, s’inquiètent de l’impact de ces mesures sur les comptes publics ; ou ceux qui pointent la contradiction du discours français prétendant retrouver son influence en Europe tout en faisant fi de la maîtrise des finances publiques, sont renvoyés dans leurs buts au nom du réalisme politique.
Les pistes d’économies envisagées pour l’heure, coups de rabots sur les aides au logement ou sur les niches fiscales des entreprises, montrent qu’une fois de plus, l’imagination n’est pas au pouvoir à Bercy.
Mais le plus grave est que les idées menaçant de polluer la réforme des retraites ressortent des cartons.
Après les attaques contre les pensions de réversion et l’inutile polémique sur l’âge légal de de 62 ans, voilà qu’il est question d’accélérer sans attendre le rythme d’augmentation des trimestres pour une retraite à taux plein, pour passer d’un trimestre tous les trois ans à un trimestre par an, ou de faire passer le système de l’âge pivot dans le système actuel.
L’urgence budgétaire se substitue à tel point à la réforme de société qu’on évoque aussi le renvoi de la réforme, sous forme de loi cadre, à la fin de l’année. Pourquoi pas à Pâques ou à la Trinité ?
La réforme des retraites engage toutes les générations, actuelles et futures, dont l’assentiment est capital non seulement pour sa mise en œuvre mais pour la solidité du pacte social en France.
Si les arguments budgétaires l’emportent, cela ne conduira pas seulement à la perturber mais à la torpiller. Car en cas de rejet des Français, il sera hors de question de revenir dessus et cette fois pour longtemps !
Jean-Paul Delevoye devra-t-il remettre sa démission dans la balance pour qu’on entende enfin raison ?
Plus d'articles du même thème
-
L'action Rheinmetall chute après l'annulation d'une commande de Berlin
Le ministre la Défense allemand a annoncé que le programme d'achat de frégates Rheinmetall serait remplacé par un autre programme de navires construits par TKMS, une autre entreprise allemande. -
EXCLUSIFLe luxembourgeois fundcraft obtient son agrément AMF
La plateforme numérique de services aux sociétés de gestion avait annoncé en janvier l'ouverture de son bureau parisien. -
Morgan Stanley entrevoit une éclaircie dans la dette privée
Contraint de limiter à nouveau les retraits sur l'un de ses fonds, le gestionnaire d'actifs estime néanmoins que la pression des investisseurs commence à se stabiliser. -
Orange a effectué le rachat partiel de deux souches obligataires
Afin de financer son offre de rachat, Orange avait préalablement émis pour 850 millions d'euros de nouvelles obligations. -
QIA a participé au tour de financement de Nearfield Instruments
Le fonds souverain du Qatar s'est allié au tour de financement de Nearfield Instruments. L'opération de la société technologique néerlandaise a été très plébiscitée par les investisseurs. -
Clariane boucle une émission d'obligations hybrides
L'exploitant de maisons de retraite et de cliniques a levé 333 millions d'euros.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- L'AFG propose d'introduire une dose de capitalisation dans les retraites complémentaires du privé
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- La justice française rejette la restitution de retenues à la source sur dividendes pour des « pools » de fonds
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- La Caisse des dépôts investit dans un fonds monétaire Ucits tokenisé
Contenu de nos partenaires
-
ReversEntre Taïwan et la Lituanie, la coopération économique, c'est fini
Désireux de normaliser ses relations avec Pékin après plusieurs années de brouilles liées à Taïwan, le gouvernement lituanien a décidé de mettre sur pause sa coopération économique avec Taïpei -
SpaceX : après l’euphorie de l’IPO, la capitalisation chute de 900 milliards de dollars
L’action SpaceX a fortement reculé cette semaine après son entrée historique en Bourse. La valorisation de l’entreprise d’Elon Musk est retombée à environ 2 030 milliards de dollars, après un pic à 2 780 milliards -
Face à la canicule, le monde agricole redoute de lourdes pertes
Les fortes chaleurs fragilisent les exploitations agricoles. Entre baisse de production dans les élevages, baisses de rendement et mortalité inhabituelle dans certaines filières, les exploitants redoutent de lourdes pertes lors de la période estivale