Le FMI distingue des risques croissants de déflation
Mise en garde. Lors d’un discours devant le National Press Club hier à Washington, Christine Lagarde a estimé qu'«avec une inflation se situant en dessous des objectifs des banques centrales, nous voyons des risques croissants de déflation, ce qui pourrait se réléver désastreux pour la reprise». «Si l’inflation est le génie, alors la déflation est l’ogre qui doit être combattu résolument» a lancé la directrice générale du Fonds monétaire international, qui a cité l’exemple du Japon.
Une inquiétude partagée hier outre-Atlantique par le président de la Fed de Chicago. Devant des journalistes, Charles Evans a jugé le faible taux d’inflation aux Etats-Unis «à la fois déroutant et préoccupant». Ce membre votant du FOMC y voit une raison suffisante pour garder les taux d’intérêt bas pendant un certain temps même si les perspectives du marché du travail continuent de s'éclaircir.
En ce qui concerne le cas des Etats-Unis, Christine Lagarde a jugé «crucial d'éviter un retrait prématuré du soutien monétaire et de revenir à un processus budgétaire en bonne marche, incluant l’effacement rapide de la menace sur le plafond de la dette». «Nous n’anticipons pas des conséquences massives, lourdes et graves» liées au ralentissement du rythme des achats d’actifs, a-t-elle précisé. De son côté, Charles Evans a estimé qu'à l’heure actuelle, ce plan progressif «semble plutôt raisonnable».
Commentant la situation de l’ensemble des économies développées, Christine Lagarde a invité les banques centrales à patienter jusqu'à ce qu’une «croissance robuste soit solidement ancrée» avant de mettre fin aux politiques monétaires non conventionnelles. Pour la zone euro, elle a suggéré une politique monétaire plus offensive, avec davantage de crédit ciblé.
Alors que le FMI doit publier dans moins d’une semaine ses nouvelles prévisions économiques à l'échelle mondiale, Christine Lagarde a dit s’attendre à une poursuite de l’accélération de la croissance cette année, même si celle-ci devrait rester en retrait par rapport à son potentiel d’environ 4%. «Globalement, la direction est positive, mais la croissance mondiale est trop faible, trop fragile et trop irrégulière», a conclu l’ancienne ministre des Finances française.
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