Le financement alternatif imprime sa marque sur le marché immobilier français
Dans un marché français de l’investissement immobilier dont le volume de transactions devrait progresser cette année, notamment par le biais d’une présence plus prononcée des investisseurs étrangers (fonds souverains ou sociétés de capital-investissement par exemple), le financement non bancaire devrait voir son rôle renforcé. Tel est l’un des enseignements du baromètre EY du marché publié aujourd’hui.
82% des quarante investisseurs interrogés en France estiment ainsi que les fournisseurs alternatifs de crédit verront leur rôle s’affirmer en 2014, soit 7 points de plus qu’à l’occasion du précédent sondage annuel. 69% des investisseurs envisagent particulièrement un «regain d’activité» du marché des créances hypothécaires. Ils n’étaient que 46% à partager ce sentiment il y a un an.
Christophe Barthet, directeur associé chez EY et co-auteur de l’étude, souligne dans ce contexte qu’effectivement «les banques ont des ratios à respecter, elles vont selon les investisseurs interrogés davantage se désintéresser des prêts immobiliers». L’étude relève tout de même une modeste inflexion du sentiment quant à l’impact des normes sur le comportement des banques, 67% des sondés, contre 70% il y a un an, estimant que «Bâle 3 incitera toujours les banques à limiter leur activité de financement immobilier».
Christophe Barthet ajoute que la tendance est comparable au niveau européen, où les investisseurs disent avoir l’intention de «se tourner également toujours plus vers les offres de financement alternatives aux prêts bancaires». La part du financement alternatif sur le marché immobilier reste pourtant déjà bien délicate à évaluer. La part française de 82% des sondés misant sur un rôle grandissant des offres alternatives se situe en milieu de tableau parmi les quinze pays scrutés (500 intervenants interrogés). Ils sont ainsi 90% en Belgique et 89% au Royaume-Uni, et minoritaires dans deux pays seulement (48% en Ukraine et 46% en Pologne).
Et le spécialiste du secteur d’estimer, même si la prudence reste de mise, qu’«il n’y a pas aujourd’hui de signes que cette tendance sera remise en cause» à l’occasion de la prochaine édition du baromètre EY du marché de l’investissement immobilier. Les banques de leur côté vont cette année selon l’étude EY privilégier le rééchelonnement ou la conversion en actifs pour assurer la gestion des dettes à risque.
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