Le dossier Cœur Défense est de mauvais augure pour la titrisation
La cassation la semaine dernière de l’arrêt de la cour d’appel de Paris visant à annuler l’ouverture de la procédure de sauvegarde aux sociétés détenant l’immeuble Cœur Défense est de mauvais augure pour la titrisation. Le nouvel arrêt, qui concerne Windermere XII FCT, le véhicule du titre adossé des prêts hypothécaires commerciaux (CMBS), est négatif, d’après Moody’s, pour les structures de titrisation en Europe qui utilisent des véhicules à raison spéciale (SPV) corporate français, en particulier les CMBS français. Cela pourrait aussi avoir des effets sur le marché local du prêt immobilier commercial.
Si la décision était confirmée, Barclays note que les autres emprunteurs français dans l’univers européen des CMBS pourraient utiliser Cœur Défense comme exemple pour trouver protection contre l’insolvabilité. Cela ajouterait de la complexité, de l’incertitude, de la duration et des coûts à un possible processus de restructuration du prêt. Pour les détenteurs de CMBS, le risque serait, selon Moody’s, une application limitée de leur droits. «Les SPV emprunteurs immobiliers français pourraient tirer avantage de la procédure de sauvegarde pour empêcher les créanciers de réaliser une sûreté sur l’immobilier dans le cas d’un événement potentiel de défaut», note l’agence. Cela forcerait les créanciers à négocier une restructuration, ce qui augmenterait le temps et le coût nécessaires pour récupérer leurs fonds.
Dans le cas où le SPV emprunteur et ses créanciers ne s’accordent pas sur un plan de restructuration, Moody’s ajoute que la Cour pourrait imposer un plan de sauvegarde, ce qui réduirait le contrôle des créanciers dans le processus de restructuration du prêt. Par exemple, une extension du prêt pourrait être imposée de manière unilatérale. Si la dernière décision venait à être confirmée, aux yeux de Barclays, cette perte de contrôle toucherait les détenteurs des tranches Windermere XII FCT et le gestionnaire de recouvrement (special servicer).
Moody’s remarque que les détenteurs de CMBS auront à faire face à un risque accru de découverts d’intérêts sur leurs titres, vu qu’aucun paiement du service de la dette ne peut être fait aux créanciers tant qu’un plan de sauvegarde n’est pas adopté. Mais ce risque peut être réduit dans des structures de CMBS grâce aux facilités de liquidité disponibles permettant à l’émetteur d’effectuer ses paiements d’intérêt sur les tranches.
{"title":"","image":"76849»,"legend":"titrisations»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Corum lance R Start, une SCPI sans frais de souscription
La société de gestion a élaboré, pour ce nouveau véhicule, une structure de frais novatrice basée sur les plus-values réalisées à la cession des actifs. -
SpaceX met sur orbite son introduction en Bourse hors normes
SpaceX prépare une introduction en Bourse de tous les records, tant par les montants visés que par la structure de gouvernance à la main d’Elon Musk. Le milliardaire vise une cotation au Nasdaq le 12 juin, et pourrait publier son prospectus dès ce mercredi. -
Le taux à 30 ans américain bondit à un plus haut de 19 ans
Les marchés de taux restent sous pression, notamment les échéances les plus longues, alors que les investisseurs s’inquiètent de l’impact du conflit au Moyen-Orient sur l’inflation mais aussi de l’état des finances publiques. Le plancher japonais ne cesse aussi d’augmenter. -
Les dettes seniors non préférées sous-performent les dettes bancaires cette année
Une raison de cette sous-performance très relative réside dans une dynamique de l’offre moins favorable, également soutenue par les émissions accrues pour répondre aux risques sur la notation des dettes senior liés au nouveau cadre de résolution. Mais tout cela offre des opportunités. -
G7, la lutte contre le terrorisme s’adapte aux nouvelles formes de criminalité financière
La 5ème édition de la conférence No Money for Terror dédiée à la lutte contre le financement du terrorisme, intégrée au G7 Finances, s’est focalisée sur la ré-inclusion des territoires ravagés par le terrorisme et sur la lutte contre le détournement des cryptoactifs. -
L’Etat allemand prépare son désengagement d’Uniper
Trois ans et demi après avoir nationalisé l’énergéticien pour éviter sa faillite, Berlin hésite entre une nouvelle mise en Bourse et une cession de gré à gré.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
Contenu de nos partenaires
-
A la loupeChômage, télétravail, productivité : les résultats contrastés du macronisme
Le chômage augmente mais la Banque de France analyse comment le chômage structurel, lui, a diminué depuis 2015 sous l'effet des réformes menées par Emmanuel Macron -
Avec la relance des relations Alger-Paris, l'espoir d'une libération prochaine de Christophe Gleizes
Au retour de sa visite à Alger, Gérald Darmanin est resté discret sur le cas du journaliste français emprisonné. Christophe Gleizes a renoncé à son pourvoi en cassation et mise sur une grâce présidentielle. Ses conditions de détention se sont améliorées ces derniers mois. -
Mémoire vivePrésidentielle : l'Algérie, champ de bataille pour 2027
Immigration, sécurité, narcotrafic, « devoir de mémoire » contre « rente mémorielle » : autant de sujets centraux de la campagne qui pourraient se cristalliser sur le cas algérien