Le Comité de Bâle est attendu au tournant par les banques
Les banquiers européens sont sur le gril alors que le Comité de Bâle se réunit aujourd’hui et demain à Santiago du Chili pour trouver un accord sur la révision du cadre prudentiel de Bâle 3. Celle-ci pourrait, aux dires des établissements européens, augmenter très significativement leurs exigences en capital et, in fine, nuire au financement de l’économie.
Censée être achevée cette année, la révision du cadre du Bâle 3 doit permettre, en s’attaquant aux variations des actifs pondérés par le risque (RWA), de mieux comparer la robustesse des établissements financiers. Les banques européennes arguent cependant que cette réforme – qu’elles ont baptisée Bâle 4 - ne tient pas compte des spécificités du modèle de financement européen et pourrait créer des distorsions de concurrence. «La révision du cadre actuel pour les exigences en capital des banques pourrait avoir des conséquences très importantes pour l’Europe», a insisté le président de la Fédération bancaire européenne, Frédéric Oudéa, vendredi.
Les banques européennes ont réussi à obtenir le soutien des ministres des finances de l’Union, de la Commission et plus récemment duparlement européen. La tension est encore montée d’un cran ces derniers jours alors que le membre du directoire de la Bundesbank, Andreas Dombret, a déclaré qu’il n’était pas prêt à accepter un accord «à n’importe quel prix». Les représentants de la France ont également fait savoir qu’ils lutteraient pour que les nouvelles règles ne se traduisent pas par une augmentation significative des exigences en capital.
Alors que les Américains défendent les modèles standards de mesure du risque censés mettre toutes les banques sur un pied d’égalité, les Européens arguent que les modèles internes dans lesquels ils ont beaucoup investi permettent une approche plus fine des risques. Sur l’approche standard du risque de crédit «j’ai l’impression qu’on a pu obtenir quelques assouplissements», assure un connaisseur du dossier. En revanche, les banques s’inquiètent de se voir imposer une approche intermédiaire, entre la méthode standard et le modèle interne, pour évaluer le risque de crédit lié au financement des entreprises ou aux financements spécialisés. Cette méthode augmenterait fortement leurs actifs pondérés par les risques. Les banques européennes redoutent aussi de se voir imposer des «planchers» qui limiteraient le bénéfice en capital obtenu grâce aux modèles internes.
Plus d'articles du même thème
-
La tentative de régulation mondiale de l'IA souffre de grands absents
Les dirigeants de 22 pays ont signé une déclaration commune en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, dans laquelle ils préconisent l'adoption de mesures de sécurité contraignantes face à la course effrénée de l'IA. Les Etats-Unis, la Chine et la France font figure de grands absents. Plusieurs incidents ont pourtant révélé les failles de sécurité d’un secteur où la montée en puissance des modèles s’accélère. -
Les banques gèrent tranquillement leurs anciennes dettes subordonnées
L’Autorité bancaire européenne (EBA) a considéré fin février qu’elle avait mené à bien sa mission d’accompagnement et de suivi de l’extinction des dettes subordonnées historiques («legacy»), émises avant 2013 et Bâle 3. De quoi permettre aux établissements de crédit de conserver quelque peu les rares titres aux coupons encore avantageux pour eux. -
L’Argentine paye la facture cachée de la lutte contre l’hyperinflation
La thérapie de choc menée par Javier Milei face aux déséquilibres qui s’étaient accumulés dans l’économie est saluée pour ses résultats. Mais cet ajustement peine à se transmettre à l’économie réelle à cause d’un endettement élevé des ménages. La méthode plus mesurée engagée par la Turquie a été moins défavorable. -
Remake AM dégaine Remake Kross, sa troisième SCPI
Ce lancement intervient une semaine après celui d'un FPS agréé Eltif, Remake Pulse. La société de gestion cherche à couvrir l'intégralité des canaux de distribution de l'épargne immobilière. -
La hausse des transferts en santé s'oriente vers un niveau record
En 2027, les assureurs santé s’attendent à devoir absorber 2,5 milliards d’euros de taxes et transferts supplémentaires. C’est davantage que l’an dernier et cela affectera nécessairement les tarifs des prestations complémentaires pour l’année à venir. -
Les notaires minorent les 9.000 milliards d'euros de la grande transmission
La distinction entre flux successoral et patrimoine taxable au moment du décès ainsi que les coûts des soins liés à la vieillesse et à la dépendance sont autant de facteurs qui relativisent les encours de la grande transmission, selon une étude du Conseil supérieur du notariat.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Léa Dunand-Chatellet (Mirova) : «Nous voulons passer d'un acteur intermédiaire à un vrai leader»
- Amundi réorganise ses relations clients institutionnels et sa distribution
- Le métier titres de BNP Paribas réorganise son département dédié aux actifs numériques
- La donnée ESG s'impose comme un levier stratégique dans les entreprises
- Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
Contenu de nos partenaires
-
Sous-titresDonald Trump et l'ONU : la stratégie de l'amour-haine
Malgré sa rhétorique anti-multilatéraliste et ses coupes budgétaires, le président n'a pas encore tiré un trait sur les Nations unies -
Gestion de criseCarburants : le goutte-à-goutte de Lecornu
Le Premier ministre s'en tient à la stratégie éprouvée depuis mars malgré la pression. Mais l'argument de la dette qui empêche un geste plus large tiendra-t-il longtemps ? La décision de l'Allemagne de baisser ses taxes isole la France -
La Fabrique de l'OpinionLéon XIV en France : « Le plus important n’est pas que le pape soit admiré, mais qu’il soit écouté »
Le voyage du pape en France, qui s'annonce hors normes en termes d'affluence, intervient en pleine campagne présidentielle, et peu après la légalisation de l'aide à mourir, à laquelle l'Eglise est profondément opposée. Mgr Matthieu Rougé décrypte les enjeux et les attentes qui entourent cette visite.