Les banques européennes chiffrent les effets de Bâle 4
La Fédération bancaire européenne évalue à plusieurs centaines de milliards d’euros l’impact en capital des nouvelles règles en préparation.
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Florence Autret, à Bruxelles
A l’approche de la prochaine réunion du Comité de Bâle, le 19 septembre, l’industrie bancaire fait monter la pression sur les régulateurs.
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Bloomberg
A l’approche de la prochaine réunion du Comité de Bâle, mi-septembre, l’industrie bancaire fait monter la pression sur les régulateurs. Mercredi, la Fédération bancaire européenne (FBE) a tenté d’administrer la preuve que les projets du Comité risquaient de créer de nouvelles contraintes en capital encore bien supérieures à celles inscrites dans le paquet Bâle 3 sur le capital et la liquidité.
Cet effort supplémentaire approcherait 55% du capital (Tier 1) actuel des banques européennes, soit 900 milliards d’euros, contre 544 milliards levés depuis 2011.
L’effet de cette nouvelle série d’ajustements prudentiels découle de l’impact sur l’évaluation des actifs pondérés par les risques, les marges de manœuvre des banques en matière d’évaluation des risques étant susceptibles d’être considérablement réduites.
Augmentation des besoins en capital de 250 milliards d’euros
Les changements apportés aux modèles internes «IRB» (ou internal ratings-based approach) entraîneraient à eux seuls une augmentation des besoins en capital Tier 1 de 250 milliards, selon la FBE, dont 100 du fait de la réévaluation des risques de credit corporate. A quoi s’ajouteraient l’impact de l’introduction de minima basés sur les modèles standards (250 milliards), la révision des risques opérationnels (102 milliards) et celle des risques de marché (69 milliards). En comparaison, l’effet dû au ratio de levier apparaît presque bénin (55 milliards). Ce chiffrage ne tient pas compte de l’introduction du TLAC.
La FBE déplore également la distorsion de concurrence entre banques européennes et américaines du fait de différences, dans le référentiel comptable, du système de garantie publique sur les prêts immobiliers et d’une comptabilisation plus avantageuse des dépenses informatiques (dont les immobilisations ne sont pas comptabilisées aux Etats-Unis). La densité de la pondération en risque serait ainsi supérieure de 20% de ce côté-ci de l’Atlantique.
Wim Mijs, le directeur de la FBE, espère que la prochaine réunion du Comité de Bâle sera l’occasion de donner à son secrétaire général William Coen un «mandat clair» sur l’évaluation de l’impact des mesures envisagées. En attendant, «le mieux que nous puissions faire» pour défendre la cause des banques européennes est de fournir des chiffres, a estimé Wim Mijs.
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