L’Allemagne paye une politique économique, industrielle et financière dépassée
L’Allemagne a connu vendredi une avalanche de mauvaises nouvelles : les commandes à l’industrie ont lourdement chuté en juin, le patron de BMW va quitter le navire en conclusion d’un parcours décevant tandis que Deutsche Bank fait face à une restructuration de la dernière chance.
Derrière ce flot de déboires, une constante : l’Allemagne paie une politique économique, industrielle et financière dépassée.
Depuis des années, le pays accumule des excédents faramineux – le premier du monde avec près de 7,5 points de PIB en 2018 – dont les inconvénients sont de plus en plus évidents.
Ils reposent d’abord largement sur l’exportation de biens industriels, notamment automobiles, dont Berlin a cru, à tort, qu’elle ne pouvait que poursuivre sa brillante trajectoire.
Les rodomontades de Donald Trump en ont eu raison, avec en prime, dans le cas de l’automobile, des choix techniques plus favorables au diesel qu’à l’électrique, qui ont aggravé les pressions sur une compétitivité nationale déjà déclinante.
Parallèlement, Berlin s’est refusée, contre tout bon sens et malgré les supplications de ses partenaires, à engager un programme contra-cyclique d’investissements publics.
Leur faiblesse criante n’est pourtant que la contrepartie d’un excès d’épargne absurde, qui prive aujourd’hui l’économie tout entière d’un précieux relais de croissance.
Quant à la finance, les déboires de Deutsche Bank sont, à côté des erreurs propres à ses managements successifs, aussi la conséquence du refus du gouvernement d’engager enfin une vraie réforme bancaire.
La crise financière offrait pourtant une occasion rêvée de remettre en cause le cadre vermoulu de la banque nationale, outrageusement dominée par les banques régionales et mutualistes pour lesquelles la rentabilité n’est qu’un critère secondaire.
Sur un tel marché, les banques privées comme Deutsche Bank ont toutes les peines du monde à faire payer le juste prix pour leurs services.
Le pire est que l’arrivée des sociaux-démocrates aux affaires n’a pas infléchi, si peu que ce soit, la politique de la Chancelière Merkel.
Dès lors, sauf réveil soudain que rien ne laisse prévoir, l’Allemagne pourrait bien être désormais un frein aussi puissant que le moteur qu’elle fut naguère pour la zone euro.
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