La Place de Paris plaide à nouveau pour une fiscalité plus attractive
La Place de Paris remonte au créneau pour obtenir une fiscalité moins pénalisante. Alors que le gouvernement a proposé de travailler à une stratégie pour le développement de la place financière d’ici à 2020, l’association Paris Europlace a présenté hier une série de mesures censée lui faire regagner sa compétitivité.
Pour étayer ces propos,Oliver Wyman et BCG ont planché respectivement sur la compétitivité des intermédiaires financiers (sous la direction du DG délégué de la Société Générale, Séverin Cabannes) et des investisseurs (sous la direction d’Yves Perrier, DG d’Amundi). Pour les deux groupes, le diagnostic est le même, la Place a des atouts mais son attractivité s’érode. Paris est passé du 5e au 8e rang des places financières mondiales depuis 2010. La gestion française a perdu sa place de numéro un en Europe sur la gestion d’OPCVM.
Pour y remédier, les acteurs appellent une fois de plus à une refonte de la fiscalité. Avant toute chose, ils demandent l’abandon du projet de taxe sur les transactions financières (TTF) défendu par onze pays européens. «Pour guérir, il faut éviter de mourir», a lancé Yves Perrier. Les banques continuent aussi de réclamer un abandon progressif de la taxe sur les salaires et ne veulent pas que la création d’un fonds de résolution européen débouche sur un nouvelle ponction. Selon elles, l’actuelle taxe systémique devrait être affectée au futur fonds de résolution.
Les investisseurs s’inquiètent aussi de la fiscalité, coupable à leurs yeux d'être trop favorable au financement de court terme. Ils demandent de revenir sur l’augmentation du forfait social (de 8% à 20%) pour soutenir l’actionnariat salarié et de ne pas mener jusqu’à son terme le relèvement du plafond du Livret A.
La Place souhaite à la fois favoriser les instruments de crédit (notation des placements privés, simplification fiscale pour les structures de titrisation), la filière actions et la compensation de dérivés. Les investisseurs institutionnels aimeraient de leur côté que leurs contraintes d’investissement soient assouplies et que des produits de type fonds diversifiés et de long terme soient encore développés.
Enfin, ils veulent que les acteurs de place se réapproprient les infrastructures de marché et post-marché. Ceux-ci se gardent pourtant de promettre des investissements dans Euronext avant d’avoir obtenu des garanties sur une environnement réglementaire et fiscal plus favorable.
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