La montée des taux courts européens est dans le radar de la BCE
L’Eonia continue sa progression, en ligne avec la forte baisse des liquidités excédentaires. Le fixing du taux interbancaire européen au jour le jour a grimpé jeudi à 0,30%, alors qu’il était de 0,15% deux jours plus tôt. Un niveau bien supérieur à sa moyenne mensuelle de 0,17% sur décembre, qui était elle-même en hausse par rapport au taux moyen de 0,11% constaté en novembre. Si à 0,16%, la moyenne des taux Eonia constatés depuis le début du mois de janvier reste en ligne avec ses niveaux de décembre, il s’agit d’un plus haut enregistré depuis juillet 2012.
«Le niveau des excès de liquidités dans le système est tombé à un niveau si faible que nous prévoyons désormais que l’Eonia se fixe à un niveau plus proche du taux de refinancement de la BCE que du taux de dépôt. La fixation quotidienne du taux Eonia au-dessus du taux de refinancement devrait ainsi être un phénomène plus fréquent», estime BNP Paribas CIB. Mardi, la BCE a alloué 94,7 milliards d’euros sur les 112,5 milliards arrivant à maturité lors de son opération de refinancement à 7 jours, et 7,1 milliards sur les 10,14 milliards arrivant à maturité lors de son opération à 28 jours. Une baisse de la demande qui a fait reculer les liquidités excédentaires sur le marché monétaire, à 131 milliards d’euros.
Malgré un recul juste en dessous de 0,25% jeudi après avoir flirté avec le seuil de 0,3% mercredi, le contrat «forward» Eonia un an dans un an affiche une moyenne de 0,28% sur janvier, contre 0,26% en décembre et 0,22% en novembre. Des niveaux au-dessus de 0,20% suggèrent une probabilité positive de relèvement du taux de refinancement à partir de début 2015. JPMorgan anticipe un reflux du surplus de liquidités à 50 milliards fin 2015. Des anticipations «trop agressives dans le contexte actuel», selon la Société Générale.
Le retour de l’Eonia vers le refi pourrait au contraire motiver une nouvelle baisse du taux directeur ou du taux de dépôt en territoire négatif par la BCE. Des options d’ailleurs évoquées jeudi par Benoît Cœuré. En écho aux propos de Mario Draghi, le membre français du directoire de la BCE a indiqué qu’«il est probable que les facilités actuelles soient suffisantes pour assurer un niveau adéquat de liquidités; si ce n’est pas le cas, alors nous agirons». Et d’ajouter que «nous avons constaté des conditions de liquidités resserrées et des taux Eonia et Euribor élevés; c’est une situation que nous ne souhaitons pas voir perdurer».
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