La justice conforte les pouvoirs des régulateurs européens
Le gouvernement britannique n’est pas parvenu à limiter les pouvoirs de l’autorité européenne des marchés, l’Esma. La Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) a rejeté hier le recours qu’il avait introduit contre les dispositions d’un règlement de 2012 permettant à l’Esma d’interdire les ventes à découvert ou de rendre obligatoire la notification ou la publication des positions courtes nettes.
La décision de la CJUE a été saluée par l’Esma et la Commission. Celle-ci souligne que le cadre «met fin à des incertitudes persistantes et est donc bonne pour les opérateurs de marchés et l’Esma ». La décision est un revers significatif pour la Grande-Bretagne, dont la position avait pourtant été soutenue par l’avocat général de la Cour.
Le gouvernement de David Cameron, qui est censé organiser un référundum sur l’appartenance de son pays à l’Union en 2017, conteste également la réglementation européenne sur les bonus. L’arrêt rendu hier pourrait conforter les toutes jeunes autorités européennes de régulation et renforcer les pouvoirs des instances européennes dans le cadre de l’Union bancaire.
«C’est une excellente nouvelle pour ceux qui croient que les marchés financiers doivent être régulés au niveau financier», a ainsi déclaré le député européen écologiste, Philippe Lamberts. «Cette jurisprudence est notamment capitale pour le dossier actuellement en discussion entre les ministres des Finances et le Parlement, visant à organiser au mieux la faillite ordonnée des banques de la zone euro», a fait valoir de son côté l’élue européenne Sylvie Goulard (groupe ALDE). Celle-ci ajoute que le «Royaume-Uni est défait dans sa stratégie qui, depuis le début de la crise, tend souvent à l’obstruction».
Sur le fond, le Royaume-Uni arguait que l’Esma s’était vu attribuer un «très large pouvoir discrétionnaire» d’ordre politique. Et ce, en violation du droit européen sur la délégation de pouvoirs. Le Royaume-Uni soutenait également que la base juridique sur laquelle s’appuyait le règlement n’était pas valable.
A ces arguments, la Cour répond que les pouvoirs de l’Esma sont strictement encadrés et peuvent être contrôlés. Elle souligne que le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne permet à l’Esma «d’adopter des actes de portée générale», que l’article litigieux ne porte pas atteinte au régime de délégation des pouvoirs prévu par le traité et qu’au contraire, dans l’esprit de celui-ci, l’article contesté cherche bien à harmoniser les cadres nationaux.
Plus d'articles du même thème
-
Irivest IM lance un fonds flexible, un an après la fusion de Chahine Capital et Dynasty AM
Ce produit ajuste chaque mois son exposition aux actions de 0 % à 100 % grâce à un modèle quantitatif. -
L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
Le groupe mutualiste cherche actuellement un repreneur pour Sienna Gestion, mais la vente pourrait être repoussée. -
La Macif projette 1,5 milliard d'euros d'investissements durables d'ici 2029
L'assureur mutualiste se fixe un nouvel objectif d'investissements durables entre 2025 et 2029, après avoir investi en 2025 deux fois plus que sa cible annuelle initiale. -
Le fonds de pension belge OFP Prolocus lance la sélection du gestionnaire et du dépositaire de sa future Sicav
La caisse de retraite complémentaire des pouvoirs locaux flamands recherche, en une seule procédure, le gestionnaire et le dépositaire du support de placement qu'elle va créer. -
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Le gestionnaire d’actifs britannique a déjà réuni 3,5 milliards de dollars d’actifs depuis le lancement de sa plateforme d’ETF actifs en septembre dernier. -
DWS commercialise un fonds dédié aux matériaux essentiels
Le gestionnaire d’actifs allemand va se concentrer sur les producteurs et la chaîne de valeur du secteur minier avec ce véhicule.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
- Le Conseil européen approuve SFDR 2.0 avec quelques amendements
Contenu de nos partenaires
-
JackpotDepuis la levée des sanctions américaines, l'Iran exporte son pétrole à tour de bras
Téhéran vend massivement son or noir à la Chine avant que la fenêtre des 60 jours prévus par l'accord ne se referme -
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause.