La Fed décide de maintenir ses taux et son plan de rachats d’obligations du Trésor
Alors que les marchés étaient hier obnubilés par l’actualité japonaise, la Fed n’en a pas soufflé un mot à dans son deuxième communiqué de politique monétaire de l’année. Comme attendu par la plupart des analystes, la banque centrale ne changera rien pour l’instant à sa politique monétaire. Autrement dit, les taux directeurs resteront quasi nuls (de 0% à 0,25%) pour encore une période indéterminée et le plan d’assouplissement monétaire quantitatif de 600 milliards de dollars, lui, est maintenu comme prévu jusqu’à juin 2011.
Par rapport à son communiqué de janvier dernier qui décrivait une croissance atone, la Réserve fédérale a gagné en optimisme. «La reprise repose sur des bases plus solides» affirme t-elle en mettant en exergue une hausse des dépenses chez les consommateurs et de l’investissement dans les entreprises, même si l’immobilier demeure toujours aussi «déprimé».
Pour justifier le statu quo de sa politique monétaire, la Fed met en avant la nécessité d’aider au retour du plein emploi. Avec un taux à 8,9%, le chômage américain a chuté de 0,9% en trois mois et affiche son meilleur score depuis avril 2009. Une amélioration toutefois jugée encore trop lente pour la Fed, qui parallèlement, estime les risques d’inflation limités. «Les perspectives inflationnistes à long terme sont stables, et l’inflation sous-jacente est contenue», affirme la banque centrale. Celle-ci concède que l’envolée des cours du pétrole et des matières premières «exerce actuellement des pressions à la hausse sur l’inflation» mais considère que «ces effets seront passagers». A ceux qui craignent un emballement brusque de l’inflation que nourrirait cette politique monétaire accommodante, la banque centrale américaine indique qu’elle «surveillera de près l'évolution de l’inflation et des attentes d’inflation», prête à donner un coup de frein en cas de surchauffe.
Fait rare dans l’histoire récente de la Fed, ce communiqué final a été voté à l’unanimité des membres du comité de politique monétaire. Selon beaucoup d’analystes de Wall Street, les dissensions au sein du comité se sont voulues discrètes, compte tenu de la difficulté à intégrer sur le long terme l’impact des troubles politiques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ou les risques nucléaires au Japon.
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