La droite allemande laisse échapper son fief du Bade-Wurtemberg
Les conservateurs allemands laissent filer le Land du Bade-Wurtemberg qu’ils contrôlaient depuis 1953, ce qui constituerait une cinglante défaite pour la chancelière Angela Merkel, selon les premières estimations du scrutin régional de dimanche.
Dans un autre Land du sud-ouest de l’Allemagne, la Rhénanie-Palatinat, les sociaux-démocrates, qui dirigent la région depuis 17 ans, perdraient leur majorité absolue mais devraient pouvoir former une coalition confortable avec leurs alliés écologistes. Dans le Bade-Wurtemberg, les sondages à la sortie des urnes diffusés par l’ARD et de la ZDF à la clôture du vote créditent le parti écologiste de 24,2% des voix et le SPD de 23,2%, soit un peu plus de 47,3% des suffrages exprimés.
Ces deux formations devanceraient largement la CDU (39,3%) et ses alliés libéraux du FDP (5%), pour un total légèrement supérieur à 44,3%. Ce nouveau revers électoral dans le Land le plus prospère du pays place Angela Merkel dans une position délicate. Le 20 février dernier, les conservateurs allemands avaient déjà perdu la cité-état de Hambourg. «C’est une défaite douloureuse», a concédé la ministre fédérale de l’Education Annette Schavan.
Outre-Rhin, des revers aux élections régionales peuvent avoir des conséquences nationales. En 2005, après avoir perdu le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder avait annoncé des élections législatives anticipées, et avait alors été battu. Les chrétiens démocrates avaient fait du Bade-Wurtemberg, Land le plus riche d’Allemagne qui compte 11 millions d’habitants avec des villes comme Stuttgart, Mannheim, Karlsruhe et Heidelberg, un de leur fief électoral.
Au delà du nucléaire, les revirements politiques d’Angela Merkel sur la Libye ou encore sur la crise de la dette dans la zone euro ont également transformé ces élections régionales en un référendum sur la politique que la chancelière mène depuis un an et demi avec les libéraux du FDP. JPMorgan soulignait toutefois avant le vote que les enjeux étaient surtout locaux, notamment un projet ferroviaire dans la région de Stuttgart.
Trois autres élections régionales auront lieu cette année en Allemagne : le 22 mai dans la cité-Etat de Brême, le 4 septembre dans le Mecklenbourg-Poméranie occidentale et le 18 septembre à Berlin.
Plus d'articles du même thème
-
« Les facteurs techniques et l’appétit des investisseurs plaident pour une position modérément surpondérée »
Bart aan de Toorn, gérant et membre du comité d'investissement de l'équipe crédit chez VLK IM -
«Nous anticipons une appréciation du yen d'ici à la fin de l'année»
Evelyn Herrmann, économiste Europe chez Bank of America -
«La hausse des taux de la BCE devrait être la seule pour 2026 et 2027»
Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche chez La Banque Postale AM -
Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
L’introduction hors norme sur le Nasdaq de SpaceX a attiré une demande plus de 4 fois supérieure à l’offre avec une hausse de près de 20% de l’action à la première cotation. D’autres méga-IPO vont inonder le marché, avec des airs de déjà-vu et un parfum de bulle spéculative. -
« La croissance des bénéfices dans l’UE devrait être inférieure au consensus »
Michele Morganti, stratégiste actions senior chez Generali Investments -
«Nous adoptons une neutralité de prudence plus que de conviction sur les actions»
Philippe Perrody, directeur de la gestion diversifiée et allocation d’actifs, actifs cotés chez Sienna.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
Contenu de nos partenaires
-
Onde de chocAffaire Lyhanna : le dilemme d'Emmanuel Macron
Face à la crise provoquée par la mort de la jeune Lyanna, le chef de l'Etat doit trouver la bonne distance et les mots justes pour témoigner de l'empathie sans chercher à instrumentaliser -
« Dans les start-up de défense, le réseau compte autant que la technologie »
Pour l'investisseuse Louise Boucher, avoir le bon produit ne suffit pas. Les jeunes entreprises d'armements doivent rapidement recruter des profils ayant de bonnes connexions chez les décideurs militaires -
Shahed, fais-moi peurGuerre des drones : l'effervescence française
Avec ses start-up Alta Ares et Harmattan AI, la France compte de nombreux atouts dans le secteur des drones. Mais la compétition européenne et la production ukrainienne à grande échelle menacent leur percée sur un marché en mutation rapide