La Cades retrouve un volume d’émissions de dette plus raisonnable
Pour la deuxième année consécutive, la Cades va retrouver un volume d’émissions plus conforme à ses habitudes. Après les pics de 2011 et 2012, où les appels au marché avaient dépassé les 30 milliards d’euros à moyen et long terme, la Caisse d’amortissement de la dette sociale prévoit d’émettre entre 15 et 18 milliards d’euros, dont les deux tiers en euros et un tiers en devises étrangères, pour l’essentiel en dollars. Elle devrait rechercher la partie 3-5 ans de la courbe. S’y ajouteront 10 milliards d’euros à court terme. «Nous souhaitons rester actifs sur le court terme pour maintenir notre base d’investisseurs monétaires», explique Pierre Hainry, responsable adjoint des opérations de marché.
L’an dernier, la Cades a émis 15 milliards à moyen long terme, dont 60% en euros. L’encours de dette atteignait 132,6 milliards au 31 décembre, et l’établissement public a amorti 12,6 milliards de dette sociale. Pour ce faire, la Cades bénéficie de ressources propres, en touchant notamment une fraction de la CSG.
L’émetteur a bénéficié, comme la France, du resserrement de ses spreads en 2013. Le coût moyen de la dette est tombé à un plus bas de 2,52%. A court terme, l’an dernier, la Cades a emprunté à 0,075% seulement en moyenne, et même à des taux négatifs sur les maturités les plus courtes (1 mois).
La faiblesse des taux a aussi un effet sur la durée de vie prévisible de l'établissement. En 2010, celle-ci a été allongée aux alentours de 2025, mais sans que les parlementaires n’inscrivent dans le marbre de date-butoir. «La date probable de fin s’est un peu rapprochée, vers 2024, en raison de taux d’intérêt bas et de moindres reprises de dette que prévu», explique Patrice Ract Madoux, président de la Cades, qui sera atteint par la limite d’âge au terme de son mandat en mai.
Mais l’établissement, qui devait à l’origine baisser le rideau en 2009, devrait encore être appelé à la rescousse. Comme l’a écrit récemment la Cour des comptes, la Cades aura vocation à reprendre les déficits croissants de l’Acoss, l’agence qui fait la trésorerie des organismes de Sécurité sociale, et dont le plafond de dette a été relevé de 5 milliards en 2014, à 34,5 milliards d’euros.
Par ailleurs, le niveau des taux reste une variable importante, d’autant que la Caisse d’amortissement a 30% de sa dette à taux flottant. «Une hausse de 100 points de base du taux moyen rallonge de 6 mois la vie de la Cades», précise Patrice Ract Madoux.
Plus d'articles du même thème
-
Border to Coast achète un portefeuille de 866 logements locatifs pour 400 millions de livres
Le groupement de fonds de pension de collectivités locales britanniques renforce son exposition à l'immobilier résidentiel locatif au Royaume-Uni. -
SpaceX franchit le test de la croissance, pas celui de la confiance
La société spatiale d'Elon Musk fait mieux que prévu au deuxième trimestre mais l'ampleur de ses investissements inquiète. -
Le Brent repasse sous 80 dollars
Le pétrole a connu mardi une nouvelle séance de baisse ramenant les cours à leurs niveaux de mi-juillet, alors que la perspective d’un accord pour la reprise du trafic dans le détroit d’Ormuz se précise. -
Le prix élevé des hydrocarbures alimente les bénéfices des producteurs mondiaux
Le résultat net trimestriel de BP, qui atteint 5,73 milliards de dollars, est au plus haut depuis près de quatre ans, tandis que celui d’Aramco a bondi de 44% à 32,7 milliards de dollars d’un an sur l’autre. -
Le marché de l’emploi se stabilise aux Etats-Unis
Les données du rapport Jolts de juin montrent un léger recul des postes à pourvoir mais une hausse des embauches et un nombre de licenciements inchangé. Une bonne nouvelle pour la Fed avant les données de juillet publiées ce vendredi. -
La Chine s'affiche en soutien majeur de l’or
La banque centrale chinoise a poursuivi ses achats de métal jaune. Désormais, les investisseurs institutionnels prennent le relais, en profitant de la baisse des cours. Une normalisation dans le détroit d’Ormuz permettrait un rebond encore plus marqué.
ETF à la Une
- BNP Paribas est reconduit comme banque dépositaire par la caisse de retraite obligatoire des experts-comptables italiens
- Citadel vole au secours d'un concurrent mis au tapis par la correction de la tech
- Amundi surfe sur une vague de records au deuxième trimestre 2026
- ICE frappe fort en rachetant la plateforme obligataire MarketAxess
- La purge des stratégies «momentum» se poursuit
Contenu de nos partenaires
-
Banzaï !Le Japon remet l'industrie de défense au cœur de son économie
Pour répondre à un environnement incertain, le Japon mise sur une autonomie stratégique et entend se doter de moyens militaires conséquents -
La City contre-attaqueComment Londres s'est jetée dans la bataille de IA pour la suprématie financière
SERIE (9/10). Cet été, l’Opinion vous invite à découvrir les transformations économiques, physiques, sociales et culturelles de la City de Londres. La capitale britannique veut s’imposer comme laboratoire de la finance réinventée par l’IA, qui y prend ses quartiers -
Résultats de SpaceX : ce qui a déçu les investisseurs
Le groupe d’Elon Musk a publié mardi ses premiers résultats trimestriels depuis sa phénoménale introduction en Bourse. SpaceX, dont le chiffre d'affaires a presque doublé, a dépassé mardi les attentes, mais la branche IA reste plombée par les lourds investissements