La Banque de Chine pilote sa politique monétaire en eaux troubles
La Banque Populaire de Chine (PBOC) est sur les dents. A l’approche du nouvel an chinois, elle a dû avoir recours à des injections de liquidités massives par le bais de sa facilité de prêts à court terme (SLF), ainsi que par ses opérations de «reverse repo» à hauteur de 255 milliards de yuans (31 milliards d’euros), dans le but de calmer les tensions renaissantes sur le marché interbancaire.
Lundi, le Shibor à 7 jours est venu se fixer à 6,36%, avant de retomber hier à 5,53%. Fait nouveau: la PBOC a montré une volonté de renforcer sa communication en rendant publiques ses opérations.
Un programme test de soutien aux banques de petite et moyenne taille, très dépendantes du marché interbancaire pour assurer leur refinancement, a également été annoncé. Les banques centrales régionales de dix villes et provinces seront ainsi autorisées à leur offrir des liquidités dans le cas où le taux au jour le jour franchirait le seuil des 5%, le taux à 7 jours celui des 7% et le taux à 14 jours les 8% avant le début de la nouvelle année.
«L’intention réelle de la PBOC est de stabiliser les taux d’intérêt à un niveau relativement plus élevé que par le passé, de manière à décourager les comportements risqués de prêts tout en évitant de déclencher un risque systémique», estime SG CIB. La moyenne à 30 jours du Shibor 7 jours est montée à 5%. Un niveau seulement dépassé en juin dernier durant les tensions interbancaires en Chine, et durant le pic de crise de la zone euro l'été 2011. Le taux à 10 ans est, à 4,53%, proche de son plus haut historique atteint en novembre.
Mais «les risques pour le système financier progressent durant la phase de libéralisation et de deleveraging imposée par les autorités», estime SG CIB. Un risque illustré cette semaine par l’éventuel défaut d’un produit de gestion de fortune (WMP) commercialisé par ICBC. Ces produits, reposant sur une collecte d’épargne de très courte maturité pour des projets financés à plus long terme, engendrent de forts besoins de liquidité lorsqu’ils arrivent à l’échéance.
«Comme la PBOC ne souhaite plus fournir des liquidités peu chères aux banques commerciales, ce besoin se traduit par des pics de tension monétaire en fin de période réglementaire» qui devraient perdurer en 2014, explique Natixis. Des tensions qui seront d’autant plus difficiles à maîtriser que les actifs sous gestion des fonds monétaires ont doublé en six mois pour atteindre 737 milliards de yuans fin décembre.
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