La baisse rapide du chômage teste la crédibilité de la BoE
La baisse du taux de chômage au Royaume-Uni à 7,1% devait être un signe positif. Pourtant, le fait qu’elle intervienne plus tôt que ne l’avait anticipé la BoE pourrait conduire à une hausse prématurée des taux et une appréciation de la livre qui freine la reprise de l’activité dans le pays. Le nombre d’emplois a progressé de 280.000, soit 0,9%, entre septembre et novembre 2013, alors que le nombre de chômeurs a chuté de 167.000.
Des chiffres «extraordinairement forts» selon BNP Paribas qui ont permis un recul du taux de chômage de 0,3 point, alors que le consensus tablait sur un repli plus limité de 0,1 point, à 7,3%.
«Les dernières estimations suggèrent que le taux de chômage pourrait tomber à 7% dès la prochaine publication des chiffres, ou plus tard la suivante», estime BNP Paribas. Le FMI a révisé à la hausse de 0,5 point ses prévisions de croissance au Royaume-Uni à 2,4% cette année, et à 2,2% en 2015. Contrairement à sa réunion de novembre, la BoE n’a fait aucune mention le mois dernier d’inquiétudes quant à l’appréciation de la livre, «ce qui semble signaler une plus grande confiance dans la solidité de la reprise, tirée par une amélioration continue de la demande domestique», selon Citigroup.
Dans les minutes de sa dernière réunion publiées hier, la BoE a d’ailleurs dû reconnaître que le taux de chômage tombera «bien plus tôt» que prévu au seuil fixé pour déclencher un cycle de resserrement monétaire de 7%. Le fait que la BoE précise qu’elle ne voit «aucune urgence à augmenter ses taux directeurs, même si le taux de chômage franchit le seuil des 7% à la baisse», n’a pas convaincu les marchés.
Le rendement du Gilt à 10 ans progressait hier de 4 pb à 2,87%, et la livre s’appréciait de 0,8% contre dollar, et de 0,6% contre euro. Elle affiche une hausse de sa valeur de respectivement 12% et 7% contre les deux devises depuis juillet 2013. Citigroup estime à présent que la BoE devrait opérer son premier resserrement monétaire d’ici à la fin de l’année, contre juin 2015 précédemment.
Dans ce contexte, BNP Paribas estime que le rapport d’inflation qui sera publié le mois prochain constituera «le moment de vérité» pour la crédibilité du discours de la BoE. La faible croissance des salaires et le retour de l’inflation à son niveau cible de 2% pourraient lui permettre de modifier sa «forward guidance», en abaissant le seuil du taux de chômage à 6,5%. Une possibilité d’ailleurs évoquée dans ses minutes.
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