Egamo double de taille grâce à un mandat de 4 milliards d’euros
A quelques semaines de son cinquième anniversaire, Egamo a déjà reçu son cadeau: un portefeuille obligataire de 4 milliards d’euros à gérer pour le compte de l’Union mutualiste retraite (UMR). Via ce mandat effectif le 1er janvier dernier, l’UMR devient le premier client de la société de gestion de la Mutuelle générale de l’Education nationale (MGEN) qui affichait jusqu’alors 2,8 milliards d’euros d’encours.
«Nous voulions sécuriser notre poche obligataire gérée jusqu’alors par deux salariés en interne et mettre ainsi fin à une fragilité structurelle relevée par l’Autorité de contrôle prudentiel, explique Alain Hernandez, président de l’organisme de retraite qui gère 7,6 milliards d’euros d’actifs. Nous voulions aussi mieux nous positionner face aux règles de gouvernance et de contrôle de Solvabilité 2». Ce partenariat valide également le modèle d’Egamo, né de l’externalisation de la gestion de la MGEN. La société a été «créée pour gérer des mandats de l’économie sociale et mutualiste, et principalement obligataires», rappelle Nicolas Demont, son directeur général.
Les clients externes représentaient jusqu’alors 20 % de ses encours. Pour servir son nouveau client, Egamo prévoit d’embaucher «un ou deux gérants-analystes supplémentaires» pour compléter son équipe taux de 3 personnes.
Si Egamo a été choisi «pour la qualité de sa gestion obligataire et l’esprit mutualiste qui l’anime», selon les termes d’Alain Hernandez, les liens entre l’UMR et la MGEN ont aussi compté. Les enseignants sont les principaux adhérents du régime de retraite complémentaire de l’UMR, le Corem, né après le scandale du Cref dans les années 2000. Deux autres gestionnaires issus de groupes mutualistes avaient été sollicités : Ofi et Amundi. Ce dernier s’est vu confier la gestion d’une petite poche obligataire de 200 millions d’euros.
Compte tenu de son poids dans l’activité d’Egamo, l’UMR pourrait entrer au capital de la société. «La quotité n’est pas encore arrêtée, mais l’UMR espère une participation comprise entre celle d’Ofivalmo et celle de la MGEN, qui devrait rester majoritaire», indique une source proche. Ofivalmo Partenaires, actionnaire d’Ofi AM et Ofi Mandats, a acquis l’an dernier 20 % d’Egamo tout en cédant 10 % de son propre capital à la MGEN. «Pour le moment nous n’utilisons pas la plate-forme informatique d’Ofi même si des projets sont à l’étude », précise Nicolas Demont.
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