Dette émergente : la purge permet de retrouver des niveaux d’entrée attractifs
La simple idée que la Fed puisse infléchir sa politique monétaire ultra-accommodante a dominé les marchés ces dernières semaines, poussant la volatilité à la hausse et contractant la liquidité. La dette émergente s’est retrouvée au cœur du récent séisme avec une purge de 6 à 8% depuis début mai selon les indices. Les papiers à duration longue, tant en devises locales qu’en dollars, ont été particulièrement affectés. Quant à la liquidité du marché des corporates émergents, elle s’est asséchée brutalement.
Que l’on pense que les taux américains soient voués à remonter vers des niveaux de taux réels de 1 à 2% ou légèrement au-dessus du taux de croissance du PIB, l’orientation est clairement à la hausse à moyen terme. Cela ne peut se traduire que par une incertitude croissante sur les marchés de taux pendant une durée assez longue, par l’exigence d’une prime de risque sur les perspectives avancées et une prudence redoublée sur les niveaux de valorisation.
Mais le monde développé ne devrait pas sortir de sitôt d’un environnement de taux directeurs proches de zéro. Dans un tel contexte, des taux absolus offrant un niveau de rémunération réelle attractive devraient donc in fine rencontrer des acheteurs. La récente correction subie par le segment de la dette émergente, la plus importante depuis 2011, nous permet désormais d’identifier des émissions souveraines et corporates de duration inférieure à 4 ans, offrant un rendement supérieur à 8%, capable d’amortir des périodes de volatilité prolongée. Certaines dettes en devise locale, jadis portées aux nues comme celle du Brésil avant d’être vouées aux gémonies, offrent désormais des rendements supérieurs à 10% : de quoi permettre aux investisseurs avisés de reprendre des positions sur la base de primes de risque désormais attractives.
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