De nombreuses incertitudes pèsent sur les perspectives de croissance en Chine
La croissance chinoise semble ne pas avoir tremblé. Le ralentissement limité du rythme annuel de hausse du PIB à 7,7% au quatrième trimestre de l’année dernière aura suffi au gouvernement chinois pour dépasser de 0,2 point son objectif annuel de 7,5%, et conserver un rythme de croissance identique à celui observé en 2012.
Dans le cadre des efforts de rééquilibrage de l’activité entamés par Pékin pour réduire sa dépendance au commerce extérieur et aux investissements, la contribution de la consommation totale dans le PIB s’est renforcée à 3,9 points sur l’année, alors qu’elle était en moyenne de 3,5 points sur les trois premiers trimestres. Parallèlement, la contribution des investissements est restée stable à 4,2 points, alors que les exportations nettes ont retiré 0,3 point à la croissance, après -0,1 point fin septembre.
Le consensus table sur un ralentissement de l’activité à 7,4% cette année, ce qui serait le rythme le plus faible enregistré par l’économie chinoise depuis 1990, année qui a suivi la répression de la Place Tiananmen. «L’économie devient plus vulnérable sur plusieurs fronts: la hausse du crédit, la pression exercée sur la dette des collectivités locales, et l’affaiblissement des bilans dans une partie du secteur des entreprises», prévient Steven Barnett, responsable au FMI.
Le resserrement monétaire imposé depuis mai par la PBOC a déjà conduit à une hausse des taux sur l’ensemble de la courbe. Le Shibor à 7 jours est venu se fixer hier à 6,36% à l’approche du nouvel an chinois, alors que le taux à 10 ans est, à 4,56%, supérieur de 120 pb à ses niveaux de juin et proche de son plus haut historique de 4,66% observé fin novembre. «Les réformes financières renforcent la probabilité d’une meilleure allocation du capital dans l’ensemble de l’économie. Mais pendant la phase de transition, les risques systémiques progressent avec le manque de transparence et la réduction de l’encadrement de l’intermédiation du crédit», estime Deutsche Bank.
La forte dispersion des prévisions de croissance pour cette année traduit d’ailleurs le degré d’incertitudes concernant l’effet des réformes sur l’activité. Si Deutsche Bank table sur une croissance de 8,4% tirée par le rebond attendu de l’activité aux Etats-Unis et en Europe, favorable aux exportations chinoises, la société de gestion GaveKal estime que la croissance pourrait tomber sous le seuil des 7% au second semestre.
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