Bercy doit revoir sa copie pour éviter des pertes à la Sfil et à Dexia
Le dossier des prêts toxiques aux collectivités empoisonne la vie du gouvernement. Bercy va en effet devoir revoir sa copie pour éviter d’avoir, dans le pire des cas, à recapitaliser massivement la Société de financement local (Sfil) et Dexia. Dans sa décision sur le budget 2014, le conseil constitutionnel a jugé contraire à la constitution, la disposition validant les contrats de prêts qui contenaient un taux effectif global (TEG) erroné car il n’a pas sa place dans une loi de Finances.
Les sages ont également retoqué la mesure validant les prêts ne mentionnant pas le TEG. Le Conseil lui reproche d’être beaucoup trop large car elle s’applique aussi bien aux collectivités qu’aux entreprises et à tous les contrats, qu’ils soient structurés ou non.
En réaction, les ministres des Finances et du Budget ont promis qu’«un dispositif législatif sera préparé dans les meilleurs délais». Le gouvernement comptait avec ces dispositions se prémunir contre les conséquences des quelque 220 contentieux engagés par les collectivités locales contre Dexia et la Sfil. Les collectivités espèrent notamment bénéficier de la jurisprudence du tribunal de grande instance de Nanterre qui substitue au taux contractuel, le taux légal, si le TEG n’est pas mentionné dans le contrat. Si, à défaut de loi de validation, les tribunaux pouvaient donner raison aux collectivités contre les banques, l’ardoise à éponger pourrait être lourde pour l’Etat. Actionnaire de Dexia et de la Sfil, il s’est engagé à les recapitaliser si elles venaient à manquer de fonds propres. Le gouvernement écrit aux sages que «les pertes directes de Dexia et de la Sfil pourraient s'élever à 10 milliards d’euros en l’absence de validation». Au pire, il avance qu’une recapitalisation de la Sfil serait nécessaire à hauteur de 2 milliards d’euros «dès le premier trimestre 2014» et de nouvelles recapitalisations pourraient suivre, atteignant 14,3 milliards d’euros. Dexia devrait aussi être recapitalisée à hauteur de 2,7 milliards d’euros.
Pour l’heure, les collectivités attendent la mise en place rapide du fonds de soutien contre les emprunts toxiques. «Si le fonds est suffisamment attractif, on peut penser qu’un grand nombre d’accords [avec les banques] se feront et qu’une grosse part du risque de contentieux que subit la Sfil s’éteindra», avance Jean-Gabriel Madinier, directeur général des services de Saint-Etienne.
Plus d'articles du même thème
-
Malgré la conjoncture, Axa ne dévie pas de sa trajectoire
Conforme aux attentes malgré un contexte macroéconomique toujours très volatil, le premier trimestre 2026 conforte Axa dans sa stratégie de croissance. L'assureur, qui aborde la dernière année de son plan, voit ses revenus augmenter de 6% depuis le début de l'exercice. -
KKR traverse les turbulences d’un marché volatil
Le fonds américain a engagé un montant record de près de 100 milliards de dollars au cours des douze derniers mois. Il avertit toutefois d'une moindre visibilité risquant de peser sur ses performances annuelles. -
Les angles morts de la Contribution sociale de solidarité des sociétés
Exigible au 15 mai prochain, la C3S (ou Contribution sociale de solidarité des sociétés) reste souvent perçue comme une imposition marginale. Pourtant, c'est loin d'être le cas. Car des montants atteignant des centaines de milliers d’euros peuvent se retrouver en jeu. -
Inest Family Office émerge
Ce nouveau multi-family office est créé à l'initiative de deux anciens de Natixis Wealth Management, Benjamin Poylo et Aurélie Nourrin, avec le soutien de Jacques-Antoine Allain comme senior advisor. -
Les lignes de swap et les monnaies numériques de banque centrale ne détrôneront pas le dollar
Dans cette tribune, Basile Marin et Léo Marin, respectivement PDG d'Expansion, un fonds d’investissement dans les technologies et infrastructures de la bioénergie, et directeur des investissement d'Expansion Partners, expliquent que ces outils ne s’attaquent pas à l’avantage central du dollar : un coût de transaction structurellement inférieur lié à son rôle de monnaie pivot. -
La cryptobourse Coinbase licencie 14 % de ses salariés
Le courtier en cryptoactifs se sépare de 700 salariés. Son PDG, Brian Armstrong, blâme la volatilité des cryptomonnaies et l'intelligence artificielle.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Ofi Invest AM choisit un ex-Axa IM comme directeur des gestions
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
- BNP Paribas collecte 15,7 milliards d'euros dans sa gestion d'actifs au premier trimestre 2026
- Les gestionnaires d'actifs trouvent dans la clientèle retail un relais de croissance majeur
Contenu de nos partenaires
-
VigilanceLes taux des crédits immobiliers poursuivent leur ascension et bloquent certains dossiers
Ces deux derniers mois, les taux d'emprunt ont commencé une remontée, à pas mesurés pour l'instant, due à la guerre au Moyen-Orient -
The VoiceMacron ose la fausse note pour éviter le couac
Pour célébrer l'amitié entre la France et l'Arménie, le président de la République a interprété La Bohème de Charles Aznavour lors du dîner d'Etat organisé lundi soir à Erevan -
Mauvais exempleEn Italie, la baisse des taxes sur les carburants devient un piège politique pour Giorgia Meloni
Jusqu’à présent, l'allégement était identique pour l’essence et le gazole. Cette fois, elle sera différenciée