Assurance-vie, le gouvernement renonce au « big bang » annoncé
Bercy a caressé l’idée d’un « big bang » de l’assurance-vie. Mais les assureurs sont montés en ligne pour obtenir une réforme plus consensuelle. Tout laisse penser que la future loi Pacte leur donnera gain de cause.
A l’origine, le Trésor, reprenant les idées d’un rapport remis au gouvernement, préconisait purement et simplement la fin du contrat d’assurance-vie en euros.
Bercy prônait que tous les nouveaux contrats souscrits en euros voient la traditionnelle garantie en capital mise en cause en cas de détention sur une durée limitée, et à l’inverse bonifiée en cas de détention longue, autour d’une durée pivot de 8 à 10 ans.
Le but était d’inciter les épargnants à placer à plus long terme, et d’accepter en conséquence plus de risque en investissant en actions.
Mais devant les arguments des assureurs, qui craignaient une désaffection pour un produit déjà impacté par l’instauration de la « flat tax » à 30%, l’administration a dû reculer.
Bruno Le Maire s’apprête donc à maintenir l’actuel fonds en euros, et à assouplir le régime du fonds dit « euro-croissance » qui, en contrepartie d’un placement en titres plus rémunérateurs, ne garantit pas le capital en deçà d’une durée de détention d’au moins dix ans.
Mais conscients des réticences des Français à prendre un tel risque, le ministre devrait créer une catégorie intermédiaire de produits en euros « bonifiés ».
Ceux qui rechercheront plus de rendement ne risqueront plus de perdre la garantie en capital en cas de sortie anticipée, mais seulement le rendement promis par l’assureur de leurs placements en actions.
Reste à savoir si cela suffira à convaincre les particuliers à investir davantage dans les entreprises comme l’espère le gouvernement.
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